×

Du sang et du boudin

Gérard Manréson Gérard Manréson
3 février 2014

« Pas au sud, complètement à l’ouest ! », la chronique subjective et complètement à l’ouest,… de Gérard Manréson, docteur ès cynisme à HECC, la Haute école du Café du Commerce.
Tous les deux mois dans notre magazine Demain le monde.

Les arènes et leurs vaillants gladiateurs m’ont toujours fait triper. Plus il y a de sang, plus ça m’excite… c’est ma came. Mais il n’est pas toujours facile de satisfaire ce besoin et de l’assumer en public. Il y a bien quelques jeux électroniques de plus en plus réalistes, mais cela manque d’hémoglobine, la vraie, celle qui tache et sent le métal. Je n’ai retrouvé cette formidable ambiance que dans des combats interdits de chiens dans des caves glauques et puantes et dans les négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’hystérie des parieurs en moins.

C’est pourquoi j’assiste régulièrement, en tant que consultant de la société civile, le ministre des Affaires étrangères dans les négociations de cette arène moderne. On se croirait revenu dans la Rome antique. J’y mène, presque en hurlant, les combats les plus sanglants possibles. Ma spécialité : inventer des règles de la mort qui tue pour pimenter le jeu de massacre, comme interdire aux pays pauvres de se constituer des stocks alimentaires ou les faire adhérer à de sympathiques « clauses de paix ».

Les mettre à poil et les jeter dans la fosse aux lions, quelle jouissance ! C’est la garantie d’un combat qui va gicler, la certitude d’un beau spectacle. Sans stock alimentaire, c’est l’assurance de producteurs écrasés par des prix écrasés et de belles explosions de prix pour les consommateurs. Bref, sang et boudin à tous les étages.

En face, quelques pouilleux pleurnichards rechignent… Evidemment ils n’ont pas d’éducation pour apprécier la beauté des combats purs et virils. Il faut aussi avouer qu’ils sentent, eux, l’haleine du lion derrière les barreaux. Chochottes !

La clause de paix, c’est le paroxysme de la perversion, et là où il y a perversion, il y a passion. J’adooooooore… et je coupe le son. Elle stipule que nous laisserons les loqueteux jouer avec leurs jambières (quelque petits soutiens temporaires à l’économie locale) mais qu’ils devront s’engager à laisser les grilles des cages aux lions ouvertes (simplifier les exportations des pays industriels). Une clause de carnage. La promesse d’un beau spectacle.

Si vous êtes comme moi passionné de combats courus d’avance avec des fins tragiques, je vous conseille aussi les conclaves budgétaires. Du grand show à l’américaine, avec, comme toujours, ceux qui le méritent du côté des gagnants.

Alors, merci qui ?

Lire aussi

Mi casa es tu casa !

Mi casa es tu casa !

Donnez à n’importe quel quidam des chaussettes qui montent et des millions pour faire quelques jeux de jambes : il raisonnera raisonnablement. Tout le monde s’est bien marré en avril dernier avec Michel Platini. C’est du réchauffé, je sais, mais (...)


  • Gérard Manréson

    25 juin 2014
  • Lire
Tout fout le camp !
Pas au sud, complètement à l’ouest !

Tout fout le camp !

Le rapport d’Oxfam sur les inégalités a fait le buzz au Forum économique mondial de Davos. Tout fout le camp ! Déjà que la Suisse s’apprête à modifier son ADN en supprimant son secret bancaire, maintenant, le forum des leaders du monde devrait parler des (...)


  • Gérard Manréson

    3 mars 2014
  • Lire
Le changement, c'est ... dans tes rêves

Le changement, c’est ... dans tes rêves

« Pas au sud, complètement à l’ouest ! », la chronique subjective et complètement à l’ouest,… de Gérard Manréson, docteur ès cynisme à HECC, la Haute école du Café du Commerce. Tous les deux mois dans notre magazine Demain le monde. Nooon. Aaargh. Vite ! (...)


  • Gérard Manréson

    28 octobre 2013
  • Lire
Qui ? Gérard Manréson
Adresse Quai du Commerce, 9 - 1000 Bruxelles
Téléphone +32 250 12 30
Email dlm cncd.be

Inscrivez-vous à notre Newsletter