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Egalité de genre dans l’Agenda 2030 : un accord des Nations Unies décevant

Vien Nguyen Vien Nguyen
24 mai 2016

Malgré l’importance de l’enjeu et la remarquable mobilisation des ONG et mouvements de femmes présentes sur place à New York, l’accord des Nations Unies survenu fin mars 2016 et portant sur la mise en œuvre de l’égalité de genre dans le cadre du nouvel Agenda 2030 pour le développement durable déçoit par sa faiblesse et son manque d’engagement. A l’occasion de sa soixantième session, la Commission de la condition de la femme a donné lieu à des négociations particulièrement longues et difficiles.

Marquées par de fréquentes impasses, ces discussions ont souvent fait l’objet d’une remise en question de certains principes fondamentaux pour les droits des femmes, à l’instar des droits sexuels et reproductifs. A coup d’arguments économiques, culturels et religieux, les États, dans leur grande majorité, n’ont pas su démontrer une vraie volonté à mettre en œuvre l’Agenda 2030 en matière d’égalité de genre, alors même qu’ils s’étaient engagés à le faire six mois plus tôt lors de son adoption à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre [1].

Même si l’accord est un exemple de plus d’un texte de compromis et non contraignant, il fait toutefois place à quelques avancées. C’est en effet la première fois que le rôle des défenseurs des droits des femmes et la situation des femmes victimes de discriminations multiples et croisées sont reconnues dans les conclusions concertées de la Commission. La place importante dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 accordée à la société civile, et en particulier aux organisations de femmes, fait également partie des percées dont on peut se réjouir. Car, faut-il le rappeler, il est difficile de concevoir un développement qui soit durable sans une participation égalitaire des femmes et des hommes au processus décisionnel.

Pour être cohérents avec ce principe, l’enjeu actuel des États est double. Premièrement, ils doivent adopter des stratégies nationales pour le développement durable [2] et rendre des rapports d’examen nationaux qui veillent à intégrer les aspects liés à l’égalité de genre. Et enfin, ils doivent associer la société civile et les organisations de femmes de manière structurelle à l’élaboration et à la mise en œuvre de ces différents mécanismes pour pouvoir répondre efficacement aux besoins spécifiques des femmes et des filles dans le cadre de ce nouvel Agenda 2030.

Téléchargez l’analyse ci-dessous pour en savoir plus.

[2Le ministre belge de la Coopération Alexander De Croo a annoncé la mise en œuvre d’une stratégie nationale pour le Développement d’ici septembre (au cours d’un débat de haut niveau aux Nations Unies sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable tenu le 21 avril 2016.

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