×

Communiqué de presse

Elections congolaises : le compte à rebours a commencé !

15 mars 2011

La fin de l’année verra se tenir de nouvelles élections en République démocratique du Congo. Un événement que le CNCD-11.11.11 et ses organisations membres suivront de près.

Cinq ans après les élections de 2006, la République démocratique du Congo est censée organiser de nouvelles élections en 2011. Selon la Constitution congolaise, le président de la République doit être élu 90 jours avant la fin de son mandat, ce qui fixe comme date butoir constitutionnelle le 6 septembre 2011 et l’entrée en fonction le 6 décembre 2011. Toutefois, il est évident que ce timing ne pourra pas être tenu, même si la volonté présidentielle est de ne pas dépasser la date du 6 décembre au-delà de laquelle l’opposition politique contestera sa légitimité. Le calendrier défini par la défunte Commission électorale indépendante (CEI) a été publié par la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI), mais cela a sans doute surtout consisté à tirer la sonnette d’alarme, tant le temps presse. Ce calendrier se base en effet sur l’organisation des élections présidentielles et législatives le 27 novembre 2011. Or ce timing semble difficile à tenir, tant les étapes restent nombreuses pour assurer l’organisation d’élections sur tout le territoire congolais.

En effet, selon Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11, de retour de mission de la RDC : « A ce jour, la révision du fichier électoral n’a été réalisée que dans deux provinces, le Maniema et le Bas-Congo, tandis que la révision du fichier du Katanga a commencé le 9 mars 2011 et que les autres provinces doivent encore débuter ce travail. Or il faut au minimum trois mois pour réviser un fichier électoral provincial, après quoi il faudra assurer l’adoption de la loi électorale, l’inscription des candidats, l’impression des bulletins de vote et leur acheminement dans les bureaux de vote, ce qui implique dans un pays aussi vaste que le Congo d’importants moyens logistiques ».

Tout cela indique qu’il est peu probable, malgré les intentions affichées par le gouvernement actuel, que le calendrier initial soit tenu. Les chancelleries semblent anticiper un retard de quelques mois pour l’organisation des élections. Par ailleurs, il semble déjà acquis qu’il y aura un découplage entre l’organisation des élections présidentielles, organisées le plus vite possible, et les élections législatives, organisées quelques mois après. Cela posera donc un autre problème juridique, puisque le président sera élu sans parlement et ne sera donc pas investi par le pouvoir législatif.

Quant aux élections locales, prévues en 2013 par le calendrier initial de la CEI après avoir été reportées plusieurs fois depuis 2008, il apparaît qu’il n’existe guère de volonté politique de les organiser rapidement. Or, selon Arnaud Zacharie : « Cela n’est pas sans conséquences sur la démocratie congolaise, puisque les autorités locales, tout comme les autorités provinciales, sont nommées par le gouvernement central, ce qui implique qu’elles rendent des comptes à Kinshasa plutôt qu’aux populations locales. Cela représente un puissant frein à la poursuite des intérêts des populations locales congolaises par les représentants politiques. Sans l’organisation de telles élections locales, les intérêts particuliers risquent de continuer à prendre le dessus sur l’intérêt général au Congo ».

Contacts presse

Arnaud Zacharie
0495 92 35 58

Sabine Kakunga
0494 23 71 65

Lire aussi

Eurafrique : la menace migratoire imaginaire

Eurafrique : la menace migratoire imaginaire

La menace d’une ruée migratoire africaine vers l’Europe est un mythe. La fermeture des frontières et la fin de l’aide au développement réclamées par les adeptes du repli national-populiste sont des solutions contre-productives. Ce dont l’Europe a besoin (...)


  • Arnaud Zacharie

    4 mars 2019
  • Lire

Inscrivez-vous à notre Newsletter