En Palestine occupée, vivre malgré tout
© Oded Balilty AP/Isopix

En Palestine occupée, vivre malgré tout

À 4h45, comme tous les matins, une trentaine de fermiers se sont rassemblés à l’intérieur du baraquement en tôle. Des jeunes et des adultes, venus de plusieurs villages de cette zone située en Cisjordanie occupée. Les cigarettes éclairent leurs visages dans l’obscurité. Le passage de la clôture qui les sépare de leurs terres s’ouvrira à 6 heures. Ils sont venus tôt pour s’assurer une bonne place en tête de la file. Pour passer de l’autre côté, ils attendront pendant deux heures. Ils arrivent tôt parce qu’ils préfèrent passer ces heures à attendre, ce qui leur épargnera l’encombrement et le risque de rater le véhicule qui les emmènera au travail à 7 heures. C’est comme cela jour après jour. À tous les check-points [1].

L’année 2017 marque un triste anniversaire : cela fait 50 ans qu’Israël occupe la Palestine, en violation flagrante du droit international. Cela fait 50 ans que l’Etat israélien colonise, plus ou moins activement, le territoire palestinien. Ces dernières années, le gouvernement de Benjamin Netanyahou a encore accru la colonisation à la fois à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Pendant ce temps, la bande de Gaza reste soumise à un blocus qui empêche tout développement.

La vie quotidienne, sous l’occupation, est un cauchemar pour les Palestiniens.
Vivre sous l’occupation, c’est vivre au milieu de centaines de checkpoints permanents ou mobiles, d’un mur pouvant atteindre 9 mètres de haut, de barbelés, de routes sans issue, d’autres réservées aux colons et d’autres obstacles qui limitent les déplacements.

Vivre sous l’occupation, c’est subir la présence permanente de l’armée israélienne, avec son cortège d’abus (pratique systématique des détentions administratives arbitraires, garde-à-vue ou incarcérations d’enfants et d’adolescents, fouilles brutales, etc.). Savez-vous que 40% des Palestiniens ont été emprisonnés au moins une fois dans leur vie ?

© Mathieu Pattier Sipa Press/Isopix

Vivre sous l’occupation, c’est voir parfois ses cultures confisquées, sa maison détruite ou ses ressources accaparées, en particulier l’eau et l’électricité. Récemment encore, Israël a décidé de réduire les livraisons d’électricité à Gaza, ne laissant à la population que deux heures d’électricité par jour, en contravention totale de ses obligations.

Depuis des années, le CNCD-11.11.11 milite pour la condamnation internationale de la politique de colonisation. A travers la campagne Made in Illegality, nous demandons l’interdiction de l’importation et de la commercialisation des produits des colonies afin de ne plus alimenter l’entreprise de colonisation. Via cette campagne, nous avons déjà réussi à promouvoir l’étiquetage de ces produits. Ainsi les consommateurs peuvent-ils au moins, par leur acte d’achat, refuser de soutenir la politique israélienne de colonisation.

Mais les perspectives d’amélioration de la situation restent éloignées au Proche-Orient. Aucun accord de paix, ni même apaisement des tensions, ne se dessinent dans un avenir proche. Pourtant, les Palestiniens doivent continuer de vivre. Le CNCD-11.11.11 leur apporte un soutien continu depuis de très nombreuses années.

Le CNCD-11.11.11 et ses ONG membres sont particulièrement impliqués dans l’aide aux jeunes, qui représentent 65% de la population. Soutenir des projets concrets pour les jeunes, avec nos partenaires locaux, c’est donner un minimum d’espoir à des nouvelles générations qui n’ont rien connu d’autre que l’occupation. C’est également renforcer leur capacité à se percevoir comme des acteurs de leur avenir, et cela dans un contexte d’une occupation subie et qui souvent leur bouche toute perspective d’avenir.

Un jour peut-être, le temps de la paix reviendra au Proche-Orient. Mais en ces temps troublés, le soutien aux Palestiniens reste nécessaire.

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[1Témoignage puisé dans un article de la journaliste israélienne Amira Hass (Haaretz)

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11.11.11

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