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Faim dans le monde : la solution passe par l’agroécologie, mais aussi par l’égalité hommes-femmes !

6 mars 2014

Communiqué de presse, 8 mars - Nous vivons sur une planète capable de nourrir 9 milliards d’êtres humains et sur laquelle, pourtant, un être humain sur trois n’a pas accès à une alimentation suffisante en quantité et en qualité. Le plus grand paradoxe, c’est qu’une majorité de ceux qui ont faim vivent en milieu rural et, parmi ceux-ci, plus de 60% sont des femmes et des filles. C’est ce qu’ont voulu dénoncer, à la veille de la Journée mondiale des femmes et en cette année internationale de l’agriculture familiale, l’ONG Le Monde selon les femmes et le CNCD-11.11.11 en organisant aujourd’hui une conférence de presse en présence d’Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations-Unies sur le droit à l’alimentation.

« Moi, je peux me passer de viande, mais les enfants et mon mari, ils m’en réclament, alors j’en achète un peu, je leur en donne moins…
Moi ? Je me sers plutôt de la salade, du riz où je ne mange pas
 ».
Tel est le témoignage d’une femme paysanne bolivienne, à l’image de millions d’autres dans le monde.

Mais si les femmes sont les premières victimes de la faim, elles font aussi partie des solutions ! « La recherche a en effet montré que la seule solution pour nourrir le monde durablement était d’engager la transition vers l’agroécologie. Or, par les connaissances des semences, des terroirs et des traditions, les paysannes sont déjà détentrices d’une somme de savoirs qui n’attend qu’à être exploitée pour réinsérer la production dans son environnement naturel et humain. L’agroécologie n’est pas seulement une manière de pratiquer l’agriculture sans nuire à l’environnement. Elle intègre, dans une vision holistique, les pratiques agricoles paysannes, les nouvelles technologies et le développement de la société dans une perspective de bien-être et d’égalité sociale, ce qui implique aussi l’égalité des femmes des hommes. C’est pourquoi nous employons le concept d’agroécologie féministe », met en avant Sophie Charlier, chargée de mission pour le Monde selon les femmes.

Olivier De Schutter a, quant à lui, insisté sur la nécessité d’adapter notre cadre conceptuel à cette dimension du genre : « Il nous faut à la fois reconnaître les contraintes spécifiques auxquelles les femmes doivent faire face du fait de leur rôle traditionnel dans la société, lever les obstacles qui y sont liés et redistribuer les rôles en combattant les stéréotypes qui attribuent certaines tâches aux unes plutôt qu’aux autres.  »

Pour Nicolas Van Nuffel, responsable du plaidoyer au CNCD-11.11.11, « la lutte contre toutes les formes d’inégalités doit devenir un enjeu central du débat citoyen. A la veille des élections, il importe que tous les partis s’engagent à mettre l’ensemble des politiques au service des droits humains : diminuer les inégalités, qu’elles soient Nord/Sud, hommes/femmes ou tout simplement sociales, demande un engagement dans la durée. Nous comptons bien profiter de la campagne pour rappeler les candidats à leurs obligations ! »

Cette conférence de presse était organisée dans le cadre de la sortie d’un ouvrage intitulé « Perspectives de genre pour l’agroécologie. Regards croisés sur la souveraineté alimentaire », réalisé par l’ONG Le Monde selon les femmes et cinq partenaires d’Afrique et d’Amérique latine ».

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