Financement de l’occupation illégale : un nouveau rapport pointe la responsabilité d’institutions financières européennes
Un nouveau rapport publié ce mardi 25 novembre par la Coalition Don’t Buy Into Occupation (DBIO) rend compte des liens financiers entre l’Europe et la colonisation illégale des Territoires Palestiniens occupés. BNP Paribas et la banque belge KBC sont citées parmi les acteurs européens les plus exposés. Le gouvernement belge doit faire cesser cette complicité économique.
La Coalition Don’t Buy Into Occupation (DBIO), dont le CNCD-11.11.11 fait partie, publie ce mardi 25 novembre son nouveau rapport sur les liens financiers entre l’Europe et la colonisation illégale des Territoires Palestiniens occupés. L’étude dresse une cartographie détaillée de 104 entreprises impliquées dans des activités qui contribuent au maintien de l’occupation et à de graves violations du droit international. Au total, 1 115 institutions financières européennes entretiennent des relations financières avec ces entreprises.
BNP Paribas et KBC citées parmi les acteurs européens les plus exposés
Le rapport montre que plusieurs banques européennes — dont BNP Paribas et la banque belge KBC — entretiennent des relations financières importantes avec des entreprises actives dans des secteurs directement liés à l’occupation : armement, surveillance, technologies de l’information, construction d’infrastructures, etc.
« Les conclusions sont claires : des institutions financières européennes continuent de soutenir des activités qui alimentent une occupation illégale et des violations graves des droits humains », explique Magali De Biolley, chargée de plaidoyer au CNCD-11.11.11. Le rapport s’appuie sur les constats récurrents de la Cour internationale de justice et de plusieurs rapports onusiens, qui rappellent que tout commerce ou investissement facilitant le maintien de l’occupation constitue une violation du droit international.
Palantir, technologies militaires et responsabilité des investisseurs
Parmi les exemples mis en avant par le rapport figure Palantir, une entreprise qui développe des systèmes technologiques utilisés par l’armée israélienne pour le ciblage, la surveillance et l’analyse de données. Ces technologies sont régulièrement mentionnées dans des enquêtes de l’ONU et d’experts indépendants pour leur rôle dans des opérations militaires ayant causé de nombreuses victimes civiles.
« Les banques qui financent ces acteurs ne peuvent pas prétendre ignorer où va l’argent de leurs clients, souligne Magali De Biolley. Elles doivent cesser immédiatement tout investissement lié à des violations du droit international. »
Le désinvestissement fonctionne : plusieurs banques belges avancent
Le rapport met aussi en avant des avancées concrètes en Belgique. Ces derniers mois :
- Degroof Petercam et Triodos ont placé Caterpillar sur la liste d’exclusion de leurs investissements.
- Argenta a décidé, suite au plaidoyer mené par la coalition DBIO, de cesser d’investir dans Motorola, Volvo et Heidelberg Materials, trois entreprises impliquées dans la colonisation.
« Ces décisions montrent qu’il est possible de respecter les droits humains dans la politique d’investissement », note le CNCD-11.11.11. Mais d’autres acteurs financiers doivent suivre : rien ne justifie de continuer à financer des activités illégales. »
Une complicité économique documentée par l’ONU
Dans la préface du rapport, Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale de l’ONU pour les droits humains dans les Territoires palestiniens occupés, décrit un « Système de complicité économique » soutenant l’occupation et de graves violations des droits des Palestiniens. Elle appelle les institutions financières à mettre fin à tout soutien direct ou indirect à ces activités.
Mais les États ont aussi un rôle essentiel à jouer. La Cour internationale de justice a rappelé qu’ils ont l’obligation de ne pas aider au maintien d’une situation illégale — y compris via des flux financiers. Les gouvernements doivent donc agir, et vite.
« Les citoyens et citoyennes ne veulent pas que leur argent serve à financer des violations du droit international, conclut Magali De Biolley. Nous appelons le gouvernement belge à appliquer strictement les obligations internationales de la Belgique et à interdire tout investissement alimentant l’occupation illégale. »







