Communiqué de presse

Forte baisse de l’aide belge au développement en 2017

Ce lundi 9 avril, l’OCDE a publié son rapport sur les chiffres de l’aide publique au développement. Principal constat : l’aide stagne entre 2016 et 2017 au niveau mondial, tandis que l’aide belge chute de 8,2% pour atteindre 0,45% du RNB.

La baisse de 8,2% de l’aide belge au développement entre 2016 et 2017 la fait passer de 0,49% à 0,45% du RNB – ce qui l’éloigne encore davantage de l’objectif international de 0,7%. Depuis 2010, année où la contribution belge pour le développement atteignait 0,64% du RNB, cela représente une baisse cumulée de 30%.

La Belgique reste ainsi sous la moyenne européenne qui atteint 0,49% du RNB des pays donateurs de l’Union européenne en 2017 (contre 0,52% en 2016). C’est d’autant plus inquiétant que la Belgique fait partie des neuf pays de l’OCDE dont plus de 10% de l’aide servent à financer l’accueil des demandeurs d’asile (un financement certes nécessaire mais qui n’est pas disponible pour financer des programmes de développement dans les pays pauvres). Malgré une légère baisse entre 2016 et 2017, les frais d’accueil des demandeurs d’asile en Belgique représentent en 2017 plus de 14% de l’aide belge. La Belgique reste donc, comme en 2016, la première bénéficiaire de sa propre aide au développement.

Au niveau mondial, l’aide totale des pays donateurs de l’OCDE a enregistré une très légère baisse de 0,6%, pour atteindre le montant total de 146,6 milliards dollars. Elle représente ainsi 0,31% du revenu national brut (RNB), contre 0,32% en 2016, soit moins de la moitié de l’objectif international de 0,7%. Seuls cinq pays donateurs atteignent cet objectif : la Norvège (0,99%), la Suède (1,01%), le Danemark (0,72%), le Luxembourg (1%) et le Royaume Uni (0,7%).

Malgré une légère baisse des frais de prise en charge des demandeurs d’asile (passant de 11 à 9,7% de l’aide totale), l’aide humanitaire d’urgence a augmenté de 6,1% (atteignant 10% de l’aide totale). En conséquence : 20% de l’aide mondiale représentent des dépenses d’urgence à court terme plutôt que des programmes de développement à plus long terme permettant de financer les Objectifs de développement durable des Nations Unies. Quant à l’aide aux pays les plus pauvres, elle augmente de 4% entre 2016 et 2017 après plusieurs années de baisse, mais cela reste insuffisant, puisque l’aide bilatérale destinée aux pays les moins avancés ne représente que 26 milliards de dollars – soit 18% de l’aide mondiale en 2017.

Selon Arnaud Zacharie, Secrétaire Général du CNCD-11.11.11 : « Le niveau de l’aide belge au développement est insuffisant, surtout que la part de l’ « aide fantôme » qui n’est pas disponible pour financer des programmes de développement dans les pays partenaires reste élevée. Le gouvernement belge doit entendre l’Appel des 111 personnalités belges lancé en janvier dernier pour revaloriser l’aide belge au développement et atteindre au plus vite l’objectif international de 0,7% du RNB ».