Depuis combien quand êtes-vous volontaire pour l’opération 11.11.11 ?
J’ai commencé quand j’étais dans mon groupe de scouts, je devais avoir 14 ans je pense. A l’exception d’un voyage de 3 ans en Algérie, je n’ai jamais vraiment arrêté. Je pense que la solidarité est un devoir dans notre pays. Quand j’ai fait mon « service de coopération » à la place de mon service militaire et que je suis parti en Algérie, j’ai compris que c’était une nécessité. A l’époque j’étais un jeune bourgeois au volant d’une Renault R4, alors que si j’étais né à la même date dans un autre pays, au Soudan ou en Somalie, j’aurais eu du mal à me nourrir tous les jours. C’est une loterie et c’est indécent de ne pas aider ceux qui n’ont pas tiré le bon numéro. Depuis mes premiers engagements, j’ai aussi réussi à convaincre ma femme de m’accompagner chaque année ! On le fait désormais ensemble et on passe des moments agréables, on rencontre les gens et on discute avec eux. C’est toujours intéressant.
Quels sont vos secrets pour aborder les gens ?
Il ne faut pas être excessif : dites bonjour, présentez rapidement le produit et s’ils inventent une excuse peu crédible, soyez naïf pour ne pas les vexer. Certains reviendront peut-être quelques minutes plus tard pour vous acheter une boîte de chocolats. Je crois qu’il faut surtout être bien organisé. Il faut privilégier les actions efficaces. Ce n’est pas sur le parking d’un supermarché que vous allez éveiller les consciences et sensibiliser les gens, ils n’ont pas le temps, et pendant que vous faites ça, vous perdrez peut-être deux ou trois ventes à côté. J’ai aussi l’habitude de retirer de la monnaie avant chaque Opération, entre deux et trois cents euros en pièces et petites coupures. Sinon, on risque de perdre des ventes potentielles. Ça semble bénin mais ce sont des détails qui font, à la fin de la journée, une grande différence.
Comment envisagez-vous la prochaine Opération 11.11.11 ?
C’est toujours un moment intense mais que j’aime beaucoup. Je me réjouis aussi beaucoup de voir les excuses que les gens inventeront pour ne pas dire « non » directement (rires). C’est toujours très drôle. Plus sérieusement, les mentalités changent et nous devrons nous adapter : l’argent liquide existe de moins en moins, les gens sont beaucoup sollicités. Au-delà de l’Opération 11.11.11, j’espère aussi sincèrement que l’on arrivera à toucher de plus en plus de jeunes.