Il faut un engagement belge de financement climat plus ambitieux
CC Ainhoa Goma/Oxfam

CLIMAT

Il faut un engagement belge de financement climat plus ambitieux

Ce jeudi 16 novembre, à la COP23 à Bonn (Allemagne), la ministre fédérale en charge du dossier Climat, Marie-Christine Marghem, a prononcé le discours de la Belgique à la tribune des Nations Unies, récapitulant la contribution 2013-2016 et annonçant une contribution belge de 22 millions d’euros pour 2017 et 15 millions d’euros pour 2018. Cette année comme les précédentes, le financement climat est un des dossiers qui crispent le plus les négociations climat.

« L’annonce de financements climat est une bonne chose, mais le montant ne répond ni aux attentes des pays en développement, ni aux ambitions affichées dans l’Accord de Paris » constate Véronique Rigot, chargée de recherche pour le CNCD-11.11.11, présente sur place.

« Pour être équitable et conforme aux engagements internationaux, la contribution belge au financement climat doit augmenter d’année en année pour atteindre 500 millions d’euros par an à partir de 2020. Qui plus est, l’engagement financier doit être « nouveau » et « additionnel ». Nous attendons donc de la Belgique un engagement plus ambitieux lors du sommet financement climat qui se tiendra le 12 décembre prochain à Paris », précise Véronique Rigot.

Le Premier ministre Charles Michel représentera la Belgique au sommet pour le financement climat du 12 décembre prochain à Paris. Pour rappel, la Belgique s’est engagée à contribuer à hauteur de 50 millions d’euros annuellement et ne fait ici que répéter des engagements connus depuis Copenhague. De plus, alors que les Régions s’efforcent de mettre en place des financements additionnels et alors que les pays en développement ont répété cette attente durant la COP 23, le gouvernement fédéral ne veut quant à lui rien entendre, préférant valoriser une partie de son aide publique au développement en tant que contribution aux financements climat.

Pour rappel, le financement climat est l’un des éléments fondamentaux sur lesquels se fonde l’équilibre de l’Accord de Paris. Celui-ci a confirmé l’ambition affichée depuis Copenhague : décupler les financements annuels apportés par les pays développés entre la période 2010-2012 (30 milliards USD sur trois ans) et 2020 (100 milliards USD par an à partir de cette date). Or, depuis le début, l’engagement de la Belgique n’a jamais dépassé les montants annoncés à Copenhague (50 millions par an).