Impact, un camp pour réenchanter le monde. Pari réussi ?
Cet été, le camp jeune du CNCD-11.11.11 a fait peau neuve. Après plusieurs éditions sous la bannière « Camp climat », place au camp IMPACT ! Cette nouvelle édition était-elle « impactante », comme le suggère son nom ? Pour le découvrir, Anne-Catherine Remacle vous embarque dans les coulisses du camp itinérant en province de Liège !
La thématique du climat parle-t-elle encore aux jeunes ? C’est avec cette question qu’a commencé la refonte de ce qui était alors le « camp climat
Camp Climat
Camp climat
camp climat
». C’était à l’automne 2025, et l’idée était de remettre l’ouvrage sur le métier pour élargir les perspectives et réinsuffler chez les jeunes une envie de s’engager. Alors, le camp climat est devenu IMPACT, « un camp pour réenchanter le monde » ! Ne restait plus qu’à construire un programme de 5 jours pour y parvenir ! Ambitieux ? Un peu, beaucoup même. Mais le défi était porteur et mobilisateur dans les équipes... et auprès des jeunes : en quelques semaines à peine, le camp affichait complet.
Après s’être arrêté dans la province de Namur, nous avons choisi d’emmener le groupe en province de Liège et plus spécifiquement dans la région de Stoumont-Malmédy. Un riche programme s’est dessiné grâce à Julie Culot, chargée de campagne à Liège et à notre volontaire Olivier Schifflers : il était prévu d’alterner moments de marche, de rencontres d’alternative et de
réflexions via les outils pédagogiques développés par le CNCD-11.11.11 ou ses membres.
Maintenant, à nous de jouer et d’embarquer 15 jeunes de 17 à 26 ans issus de milieux différents dans cette aventure.
Lundi 6 juillet : entre marche et maraîchage
La camionnette du CNCD-11.11.11 quitte le siège bruxellois en direction de Liège. Nous avons donné rendez-vous aux participant·es à la gare des Guillemins pour débuter notre itinérance. Dans l’équipe organisatrice, on espère que la magie va opérer. On lance la semaine par plusieurs activités pour briser la glace et les premières affinités se créent assez naturellement.
Il est ensuite temps de prendre la route, d’abord en bus et ensuite à pied pendant une dizaine de kilomètres pour rejoindre Bierleux-Haut et la ferme-école de maraîchage de Thomas.
Sur la route, on entend les premiers échanges et les petits émerveillements.
Arrivée à Bierleux-Haut, Thomas nous explique sa vision du maraîchage en agroéocologie. Après une rencontre avec des sanglochons, un croisement entre le sanglier et le cochon domestique, on participe à la cueillette du cassis : nous repartons avec des pots de confitures pour notre petit déjeuner et des légumes pour les pizzas maison du soir. Nous ne logeons pas bien loin : au bout de la rue se situe l’Arc-en-paille, une habitation durable et écologique. C’est dans ce cadre idyllique que l’on constate avec joie et émotion que l’étincelle a pris et que le groupe semble déjà soudé.
Mardi 7 juillet : en route pour Stoumont
On traverse plusieurs vallées, c’est assez physique mais surtout, qu’est-ce que c’est beau ! La marche permet d’imprimer les discussions de la veille sur les crises mondiales en cours et la raison d’être de ce camp : s’engager pour changer le monde. Ou du moins, tenter de le faire.
Après un petit plongeon improvisé dans la Lienne, nous arrivons à la ferme du Fagotin, ferme d’animation pédagogique à Stoumont. Au programme : traite des chèvres, atelier fromage et atelier pain. Ensuite, ceux et celle qui ont encore de l’énergie montent dans le haut du village pour installer pour la nuit notre campement qui jouit d’une vue à couper le souffle sur la vallée de la Lienne. La journée se termine par un jeu pédagogique pour analyser nos systèmes alimentaires et un débrief des deux premières journées intenses que nous venons de passer.
Mercredi 8 juillet : découvrir la magie
Le réveil est matinal et la nuit n’a pas été bonne pour tout le monde mais on se remet en route. Une belle étape nous attend avec 10 kilomètres à parcourir « à la force de nos jambes », entre Trois-Ponts et Logbiermé, et rejoindre le gîte des amis de la nature, un lieu magique à l’extrémité d’un sentier. Notre plus bel arrêt ! Guidés par nos collègues Maxime et Alice venus pour l’occasion, on prend le temps de tester un nouvel outil : il permet de questionner l’action climatique et de se positionner par rapport à l’engagement que l’on veut incarner. Cette animation donne lieu à de riches débats qui auraient pu se poursuivre encore longtemps, mais la journée est loin d’être terminée.
Après un repas cuisiné tous ensemble, alors que le soleil se couche, on entame une balade nature nocturne préparée par Gary, notre guide du jour. Les consignes sont simples : pas de téléphones, ni de lampes torches. Si nos débuts sont tâtonnants, on se déride à mesure que nos yeux s’habituent à une obscurité atténuée ici et là par des lucioles. On se familiarise doucement avec
la sérénité des bois et ses sons. Et on se prend au jeu. On resterait des heures, à observer les étoiles et à écouter la forêt qui se réveille en ce début de nuit.
Jeudi 9 juillet : des débats animés
Nous nous mettons en route pour notre dernière marche : une belle descente vers Stavelot où nous prenons ensuite un bus vers Malmédy. Eric, de l’ONG Quinoa, vient animer un escape game sur les rapports de domination patriarcale, raciste et capitaliste. Après cette dernière activité qui suscite de nombreuses réflexions et des débats animés, nous nous remettons en route vers la Pile, Pépinière d’initiatives locales engagées. Marie nous y accueille et présente ce lieu porteur d’espoir qui séduit énormément une partie du groupe. Certains rêveraient d’en voir une réplique dans leur région. Des graines sont plantées...
Ce soir-là, à La Pile se joue la pièce de théâtre-forum « Qui a volé l’orange ? », coordonnée par le CNCD-11.11.11 et interprétée par des comédien·nes bénévoles. Le groupe y démontre un esprit créatif et critique. La représentation, ouverte au public, est couronnée de succès !
Plus léger enfin pour ponctuer cette dernière soirée : tournoi de ping-pong, kicker et billard avec en fond, le match France-Maroc, quart de finale de la coupe du monde de football.
Vendredi 10 juillet : À l’année prochaine !
Le lendemain, on replie bagages. Mais avant de nous séparer, une fresque réalisée collectivement nous permet de faire le point sur ce que cette semaine nous a appris. Entre cheminement, coups de cœur et petits cailloux, le camp se termine sur une note extrêmement positive.
Il est difficile de trouver les mots exacts pour raconter une aventure humaine. Durant ces cinq jours, un lien s’est créé dans le groupe. Pourtant, rien n’aurait pu prédire que ces jeunes si différents seraient réunis sur les chemins de la province de Liège, et porteraient ce camp par leur engagement et leur vision.
Une jeune lors du moment de synthèse a parlé de symbiose et c’est aussi comme cela que je l’ai vécu. Nous avons cheminé ensemble, partagé nos idées sur le monde et surtout nos envies d’engagements…. Pour certain·es pourquoi pas au sein du CNCD-11.11.11 ? En tout cas, on s’est dit à bientôt ou à l’année prochaine !

