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Inde : un économiste belge à la pointe du progrès social

Jean-François Pollet Jean-François Pollet
22 mars 2016

Imagine demain le monde - Dans un pays immense (1,2 milliard d’habitants), en pleine croissance économique 1 (5 à 7% par an), mais néanmoins profondément inégalitaire, l’économiste d’origine belge Jean Drèze a été à la pointe de plusieurs avancées sociales de l’Inde contemporaine.

Après des études d’économie à Londres, le Belge Jean Drèze débarque en Inde presque par hasard pour y faire son doctorat. Il collabore avec Amartya Sen, économiste du développement et prix Nobel d’économie, avec qui il coécrit plusieurs ouvrages et s’engage aux côtés des mouvements sociaux hérités des « marches du sel » de Gandhi qui ont bousculé l’Empire britannique.

Né à Basse-Wavre en 1959, Jean Drèze est connu pour vivre dans un bidonville où il partage les moyens d’existence très simples de ses voisins. Il enseigne par ailleurs à l’Université de Ranchi, dans le nord-est de l’Inde.

La première avancée sociale à laquelle l’économiste belge (désormais naturalisé indien) a associé son nom a été la reconnaissance, par la législation indienne, du droit fondamental à l’alimentation. Celui-ci oblige les autorités à fournir un repas quotidien gratuit à tous les écoliers.

Economiste belge formé à Londres, Jean Drèze enseigne aujourd'hui en Inde, dont il a pris la citoyenneté.

« Il s’agit, je pense, d’un des meilleurs programmes sociaux du gouvernement indien, se félicite le chercheur. Il y a une dizaine d’années, les repas étaient rudimentaires, parfois composés seulement de riz et de sel. Et puis les menus et l’hygiène se sont améliorés. Aujourd’hui, beaucoup d’Etats proposent des œufs deux ou trois fois par semaine ou des fruits pour les enfants végétariens. Ces aliments ont une grande valeur nutritionnelle et ces repas sont une aubaine pour les enfants de familles pauvres.  »

Par ailleurs, ces mêmes repas ont permis d’attirer davantage d’enfants à l’école. « La participation scolaire a explosé ces dix dernières années, se félicite l’économiste. Il y a également une pédagogie propre à ces rituels collectifs. Les enfants s’habituent à manger un repas complet et à le partager avec des enfants d’autres castes et classes sociales. Enfin, ce programme donne un travail digne, utile et honnête à environ deux millions de femmes pauvres. »

Garantir un repas par jour à chaque enfant représente une avancée considérable dans un pays où les plus pauvres disposent d’un revenu plus faible encore que celui des plus pauvres du continent africain (...)

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