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« Je suis Beni », une lettre ouverte pour stopper les massacres au Nord-Kivu

25 mai 2016

En un an et demi, plus de mille personnes ont été tuées et plus de 1400 enlevées dans la région de Béni, dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le 14 mai, des groupements de la société civile ont adressé une lettre ouverte au président Kabila. La société civile réclame l’ouverture d’une enquête et dénonce l’inaction des forces armées. La Plate-forme Afrique centrale du CNCD-11.11.11 soutient les habitants du Nord-Kivu dans leurs revendications et demande aux autorités belges de s’impliquer davantage dans la résolution de la crise.

Le 13 mai, 7 civils sont assassinés dans la province de l’Ituri. Le 3 mai, 17 personnes sont massacrées au Nord-Est de Béni. Depuis un an et demi, la région est touchée par une série de massacre de civils. Une violence en recrudescence dans l’Est du Congo mais qui s’exerce de façon continue depuis une vingtaine d’année. C’est la conséquence directe du génocide rwandais de 1994. A l’époque, les frontières du Zaïre ont été ouvertes afin d’accueillir les réfugiés auxquels se sont joints des génocidaires. Depuis un peu plus de vingt ans maintenant, le Kivu est une région délaissée et insérée dans un rapport de force entre différents groupes armés étrangers et milices locales.

La patience des habitants a ses limites. C’est la responsabilité de l’Etat d’agir pour stopper les massacres et de veiller au respect des droits de l’homme sur l’entièreté de son territoire. Une lettre ouverte a été rédigée le 14 mai dernier, par les habitants des communes de Beni, Butembo et Lubero, dans laquelle sont répertoriés les crimes commis dans cette partie du pays (assassinats, viols, enlèvements, occupation de villages). Malgré la présence des casques bleus et de l’armée congolaise, depuis le début de l’année, environ 100 personnes ont trouvé la mort et plusieurs cas de torture et mutilation ont été recensés. Cette lettre dénonce la situation alarmante de l’est du pays et demande à Joseph Kabila de travailler à la résolution du conflit.

La Plate-forme Afrique centrale du CNCD-11.11.11 demande aux autorités belges de soutenir les habitants de la région du Nord-Kivu afin que le gouvernement local déploie les moyens nécessaires pour rétablir l’ordre et la stabilité dans l’est du pays. De plus, la Belgique et l’Union européenne doivent œuvrer pour que la Mission de l’ONU pour la stabilité en RDC (Monusco) assure efficacement la protection des civils et le désarmement des groupes armés responsables de l’instabilité. La Monusco devrait notamment soutenir l’opération militaire de l’armée congolaise « Sokola 1 » qui cherche à repousser les groupes armés étrangers. Pour que justice soit faite, l’Union européenne doit demander l’ouverture d’une enquête internationale sur les massacres commis particulièrement à Beni et Lubero.

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