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Communiqué de presse

Journée mondiale pour le travail décent : la coalition belge a présenté sa campagne 2008-2010

7 octobre – journée mondiale du Travail décent

Crédit : 11.be . Crédit : 11.be

La mondialisation a transformé le monde du travail. Les entreprises se livrent une course à la compétitivité sans limite dans laquelle les travailleurs sont devenus des ressources potentielles en vue de créer un maximum de profits à court terme. Menaces de délocalisations, pression à la baisse sur les salaires et dégradation des conditions de travail sont devenus le lot quotidien de la plupart des travailleurs, au Nord comme au Sud. Pourtant, la sphère économique devrait être au service de la sphère humaine, en vue de garantir les droits humains fondamentaux. Le système actuel a cependant renversé cette logique : les travailleurs du monde entier sont mis en concurrence et sont souvent contraints d’accepter une dégradation de leurs conditions de travail. Pourtant, les travailleurs du Nord et du Sud ont des intérêts convergents : l’amélioration du niveau de vie au Nord dépend de l’augmentation des revenus au Sud.

Malgré une augmentation sans précédent des richesses à l’échelle mondiale, 40% des travailleurs dans le monde vivent avec moins de 1 dollar par jour ! Au Nord comme au Sud, une part sans cesse croissante des profits des entreprises est absorbée par les actionnaires au détriment des salaires des travailleurs. C’est pour répondre à cette injustice que l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a défini en 1999 le concept du travail décent. Le travail décent repose sur quatre piliers : obtenir un emploi productif ; respecter les normes du travail ; assurer un système de protection sociale ; promouvoir le dialogue social. Si les Etats s’engageaient à coopérer pour garantir ce type de normes garantissant des conditions de travail décentes, les travailleurs ne seraient plus considérés comme de simples outils censés créer de la croissance économique, mais comme des citoyens ayant le droit de vivre décemment de leur travail, au Nord comme au Sud.

Afin de répondre aux défis posés à l’emploi et aux conditions de travail par la globalisation, le travail décent est promu par une campagne internationale lancée en janvier 2007 à Nairobi par la Confédération syndicale internationale (CSI) et plusieurs ONG internationales.

Pour la première fois, le 7 octobre est également la journée mondiale du Travail décent. Des syndicats et organisations du monde entier, soit dans 110 pays, se sont ralliés à une vaste mobilisation comportant une série d’activités à travers le monde.

Sortir de la crise et mondialiser le travail décent

Puisque le concept du travail décent consiste à garantir un emploi librement choisi, suffisamment rémunéré, accompagné des droits syndicaux et doté d’une protection sociale, il représente une sorte de « plancher universel » pour fixer des limites à la course à la compétitivité mondialisée ; les conditions de base à garantir à tout citoyen du monde pour éviter que les travailleurs prennent la forme d’outils. C’est sans conteste une des pistes à suivre pour éviter ce système de course aux profits sans limite qui s’effondre sous nos yeux depuis quelques semaines.

Les problèmes financiers des « working poors » qui avaient emprunté des « subprimes » n’ont pas seulement des conséquences sur les banques et les opérateurs financiers, mais aussi sur le financement de l’économie et, in fine, la création d’emplois décents. Par ailleurs, la crise des pays industrialisés va immanquablement entraîner un manque à gagner pour les débouchés et les flux d’aide à destination des pays les plus pauvres, pourtant frappés de plein fouet par la crise alimentaire. Si les travailleurs pauvres sont à l’origine de la crise financière, ils en sont donc aussi les ultimes et principales victimes. Pourtant, la consommation des ménages est la locomotive de la croissance économique et il est donc contre-productif de promouvoir un modèle de développement fondé sur la compression des salaires.

Pour sortir durablement de la crise, les gouvernements ne peuvent donc se limiter à éteindre l’incendie financier à court terme en socialisant les pertes des banques. Il faut non seulement définir un nouveau système de régulation financière internationale, mais aussi promouvoir un modèle de développement fondé sur la mondialisation du travail décent.

Quatre revendications pour le travail décent

En Belgique, ce concept est relayé par la campagne 11.11.11 et la coalition belge pour un travail décent, coordonnée par le CNCD-11.11.11 et son homologue néerlandophone, avec un message fort : « Les travailleurs ne sont pas des outils ». Ce slogan a été crié haut et fort aujourd’hui avec une énorme boîte à outils installée au Rond-Pont Schuman pour dénoncer les conditions de travail injustes du Nord et du Sud. La coalition belge pour le travail décent regroupe du côté francophone, outre le CNCD-11.11.11, les associations suivantes : la Campagne Vêtements Propres , le CADTM, le CGSLB, la CSC, le CIRé, la FGTB, le GRESEA, Monde Selon les Femmes, Oxfam-Solidarité, Oxfam-Magasins du Monde, le RéSO-J, le RFA, Solidarité Socialiste, Solidarité Mondiale. Ensemble, ces organisations, avec de nombreuses organisations et syndicats néerlandophones, demandent la mondialisation d’un revenu décent pour une vie décente ; d’inscrire le travail décent comme priorité dans les politiques de développement ; de garantir une mondialisation des droits sociaux ; de réguler les acteurs privés transnationaux.

Les syndicats et les organisations nationaux et internationaux profitaient également de cette journée du 7 octobre pour inviter la Vice-présidente de la Commission européenne Margot Wallström à signer la pétition internationale pour le Travail décent.

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