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Jusqu’à 70 pour cent des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie (ONU)

Vien Nguyen Vien Nguyen
24 novembre 2016

« Femmes oubliées », « femmes marchandises », ou encore « femmes assassinées », les violences à l’encontre des femmes et des filles ne sont pas des violences comme les autres. Elles ne poursuivent qu’un seul et même objectif : perpétuer les inégalités entre les femmes et les hommes, maintenir la soumission des femmes et asseoir la domination masculine. Cette violence ne se limite pas à une culture, une région ou un pays en particulier : elle concerne toutes les sociétés sans exception, au Nord comme au Sud. En plus de constituer une souffrance psychologique et physique, la violence appauvrit les femmes mais aussi leur famille, la communauté et la nation tout entière. Elle engendre des coûts socioéconomiques au niveau des soins médicaux, des frais de justice, mais aussi de la perte des capacités productivités comme l’absentéisme au travail. Par conséquent, elle est aussi une violence nationale.

Pour la Journée Internationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles ce 25 novembre, le Conseil consultatif Genre et Développement organise un séminaire international sur le thème des violences sexuelles. Dans le monde entier, on estime qu’une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie (source : ONU).

Ce séminaire a pour objectif de dénoncer la banalisation de « la culture du viol » construite et alimentée par les stéréotypes et les mythes sexistes, et de rendre visibles les stratégies de lutte contre les violences sexuelles à travers le développement de l’empowerment [1]. L’occasion de souligner le fait que la violence sexuelle n’est jamais une perte de contrôle de l’agresseur mais bien une prise de contrôle sur la victime. Pour mener le débat, des associations de femmes, des ONG de développement, des universités viendront partager leurs expériences et leurs connaissances autour de 3 thèmes : la marchandisation et l’exploitation sexuelles, les situations de servitude et d’esclavage, et les pratiques dites néfastes (les mutilations génitales féminines, les mariages forcés et précoces, les crimes d’honneur entre autres).

Nous aurons notamment le plaisir d’écouter le témoignage de Miriam Suarez Vargas, journaliste et activiste bolivienne pour les droits des femmes. Elle est actuellement directrice de Casa De La Mujer, une association qui lutte pour dénoncer les violences, la traite des êtres humains et le féminicide en Bolivie et apporter une assistance juridique et psychosociale aux victimes. Annie Matundu Mbambi, présidente de la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté en République Démocratique du Congo, viendra quant à elle nous parler des situations de servitude et d’esclavage des travailleuses domestiques (les « petites bonnes »), un phénomène fort répandu mais encore trop ignoré et insuffisamment pris en charge par l’ensemble des pays et la communauté internationale.

[1Pouvoir qu’un individu peut avoir sur sa propre vie, mais également pouvoir de l’individu au sein et avec le groupe dans une vision collective de transformation de la société, d’action politique.

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