L'Europe doit augmenter d'urgence les voies sûres et légales de migrations
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Sommet européen

L’Europe doit augmenter d’urgence les voies sûres et légales de migrations

Ces jeudi et vendredi à Bruxelles, les dirigeants européens feront le point sur leur politique migratoire. Face aux incessants drames humains sur les dangereuses routes de migration, il est urgent qu’ils ouvrent davantage de voies sûres et légales. Au cours des prochains mois, le CNCD-11.11.11 continuera à se mobiliser pour défendre une approche européenne en faveur de la justice migratoire.

Le Conseil européen des 19 et 20 octobre se penchera une nouvelle fois sur le dossier des migrations. Au menu des chefs d’État et de gouvernement, les propositions de la Commission européenne pour encourager la migration légale, mais surtout pour favoriser les retours.

Réinstallation insuffisante

La Commission propose notamment de réinstaller, dans les deux prochaines années, 50 000 réfugiés sélectionnés à partir de pays d’origine ou de transit. Cette proposition est un pas dans la bonne direction, mais elle n’est pas à la hauteur des enjeux, alors que les crises internationales se multiplient.

En outre, la réinstallation ne doit pas devenir un palliatif à la procédure d’asile classique. Elle induit en effet, de façon indirecte, une remise en cause du traitement individuel des demandes d’asile garanti par la convention de Genève. Les systèmes de quotas, associés à la difficulté de demander l’asile à distance, risquent d’empêcher des personnes de se voir attribuer un statut de réfugié que l’Europe a pourtant l’obligation de leurs donner. La réinstallation est difficilement applicable dans certains pays, comme la Libye, vu la situation chaotique qui y règne.

Relocalisation : un mécanisme permanent nécessaire

Si elle entrouvre la porte de la réinstallation, l’Europe semble tourner le dos à la relocalisation de demandeurs d’asile stationnés en Italie et en Grèce. La timide relocalisation amorcée en 2015 n’a pas permis d’assurer une réelle solidarité entre les États membres face aux demandes d’asile. La Belgique, en dépit de l’autosatisfaction affichée par son Secrétaire d’État à l’asile, n’a relocalisé que 997 personnes sur les 3812 prévues.

L’Europe devrait faire preuve d’ambition et admettre définitivement que le mécanisme de Dublin a prouvé ses limites. Le défi migratoire requiert une répartition des demandeurs d’asile entre tous les États membres, selon un système structurel, obligatoire et assorti de sanctions.

Mettre fin à l’externalisation des frontières

Il est plus inacceptable encore, moralement, que l’Europe fasse gérer ses frontières par des pays tiers, notamment des régimes qui violent de façon notoire les droits humains. La collaboration de la Belgique avec le Soudan, qui a suscité récemment une polémique, n’est qu’un exemple parmi d’autres.

« Nous ne pouvons plus fermer les yeux face aux milliers de morts sur les routes migratoires, ni cautionner les violations des droits humains commises dans des pays avec lesquels pactise l’Union européenne », affirme Nicolas Van Nuffel, responsable du plaidoyer politique au CNCD-11.11.11.

« De plus, cette gestion des migrations par les pays tiers est devenue une condition d’accès à certains fonds de l’aide au développement. Cette condition entre en contradiction avec les engagements de la Belgique et de l’Union européenne à assurer l’efficacité du développement, en garantissant aux pays en développement la place de pilote de leurs propres stratégies de lutte contre la pauvreté. Des financements se détournent des zones où les besoins sont les plus criants pour se concentrer dans des zones d’où partent plus de migrants. Ce phénomène met en danger l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) adoptés par la communauté internationale », complète Nicolas Van Nuffel.

Pour la Justice migratoire

Le CNCD-11.11.11, avec de nombreuses autres organisations, fait campagne en 2017 pour davantage de Justice migratoire. Cette campagne, centrée sur les voies sûres et légales de migration, bat son plein cet automne, en amont d’une grande mobilisation, les 12 et 13 décembre 2017.

Ce jeudi soir, à Namur (salle de L’Arsenal), les représentants des six principaux partis politiques francophones débattront de la Justice migratoire à l’occasion d’un apéro politique.

Retrouvez notre vidéo de campagne à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=B1N48XIjQVM&t=31s

SAVE THE DATE

Manifestation euro-africaine pour la justice migratoire
Arts-Loi / Rue de la Loi, Ville de Bruxelles
13/12/2017

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