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Nouveaux chiffres de l’OCDE

L’aide au développement diminue, surtout dans les pays les plus pauvres

10 avril 2019

Ce mercredi 10 avril, l’OCDE a publié les nouveaux chiffres de l’aide publique au développement pour l’année 2018. Principal constat : l’aide baisse aussi bien au niveau mondial qu’au niveau belge. L’aide au développement de la Belgique ne représente que 0,43% du RNB. A la veille des élections, le CNCD-11.11.11 interpelle les partis politiques pour qu’ils s’engagent à augmenter l’aide belge à 0,7% du RNB au cours de la prochaine législature.

Non seulement l’aide mondiale est en baisse (-2,7%), mais la part de cette aide destinée aux pays les plus pauvres également : la baisse de l’aide aux pays les moins avancés atteint 3% entre 2017 et 2018. L’Afrique voit quant à elle l’aide dont elle bénéficie baisser de 4% en un an. L’aide mondiale ne représente que 0,31% du RNB des pays donateurs, soit moins de la moitié de l’objectif international de 0,7%.

L’aide au développement de la Belgique a de nouveau diminué, passant de 0.45% du revenu national brut (RNB) en 2017 à 0.43% en 2018. La Belgique s’éloigne donc une nouvelle fois de l’engagement international de mobiliser au moins 0,7% du RNB à l’aide au développement. Au cours de la législature qui s’achève, l’aide belge a baissé de 0,46% à 0,43% du RNB. Depuis 2010, année où la contribution belge pour le développement a atteint un pic de 0,64% du RNB, cela représente une baisse cumulée de 33%.

Le montant mobilisé par la Belgique en aide au développement est d’autant plus insuffisant que 11,1% de cette aide représente en réalité la comptabilisation de frais d’accueil des demandeurs d’asile en Belgique – un financement nécessaire mais qui n’est pas disponible pour financer des programmes de développement dans les pays pauvres et équivaut donc à une « aide fantôme ». Cet artifice comptable continue en outre de faire de la Belgique la première bénéficiaire de sa propre aide au développement, puisqu’aucun pays partenaire de la Coopération belge ne bénéficie d’un montant d’aide aussi important.

Selon Arnaud Zacharie, Secrétaire générale du CNCD-11.11.11, « L’aide n’est pas la panacée mais représente un instrument unique pour intervenir dans les zones les plus pauvres et les contextes risqués. Elle est indispensable pour renforcer les Etats fragiles, éradiquer les grandes pandémies, lutter contre le changement climatique et atteindre les objectifs de développement durable. Il est grand temps d’inverser la tendance et de revaloriser l’aide belge au développement, afin d’atteindre au cours de la prochaine législature l’objectif international de 0,7% du RNB. »

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