Rapport 2018 sur l’aide belge au développement

L’aide belge au développement diminue sous la moyenne européenne

13 septembre 2018

Ce jeudi 13 septembre, le CNCD-11.11.11 fait sa rentrée politique, à l’occasion de la publication de son Rapport 2018 sur l’aide belge au développement. Celui-ci dresse le bilan de la Coopération belge au cours de l’année écoulée. Principaux enseignements : le Rapport pointe une nouvelle baisse de l’aide belge, mais aussi des problèmes d’incohérence, notamment en matière migratoire et climatique.

Le Rapport 2018 souligne plusieurs aspects positifs de la Coopération belge, dont le fait que l’aide belge est quasi-totalement déliée et qu’elle vise en priorité les pays les plus pauvres et les États fragiles. Toutefois, l’aide belge au développement a baissé de 6% entre 2016 et 2017, passant de 2,08 à 1,96 milliards EUR et de 0,49% à 0,45% du revenu national brut, loin de l’objectif international des 0,7%, alors que de nouvelles coupes budgétaires sont prévues en 2018 et 2019 dans l’accord de gouvernement. La Belgique dégringole ainsi à la 11e place du classement mondial des donateurs et tombe sous la moyenne européenne. Cette diminution s’explique principalement par les coupes budgétaires qui se sont multipliées ces dernières années. L’aide publique au développement est l’une des principales variables d’ajustement budgétaire du gouvernement belge. Par ailleurs, la Belgique reste la première destinataire de sa propre aide au développement suite à la comptabilisation des frais des demandeurs d’asile.

Climat, migration, quelle cohérence ?

En matière de cohérence des politiques, le Rapport constate que l’existence de mécanismes ambitieux ne permet pas de pallier un manque d’engagement politique. La Belgique a violé l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, en rapatriant des citoyens soudanais sans dûment s’assurer qu’ils ne couraient pas de risque de torture. Par ailleurs, la Belgique ne dispose toujours pas de Plan national climat pour respecter ses engagements contre le réchauffement climatique.

Une réforme dans l’urgence

Le Rapport analyse également le projet de loi sur la politique belge de développement, qui est en cours de discussion au Conseil des ministres et ouvre la porte à l’instrumentalisation de l’aide au service des politiques migratoires restrictives.

Selon Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11 : « Nous voyons poindre la volonté d’utiliser l’aide au développement pour promouvoir le secteur privé des pays donateurs et lutter contre les migrations. Or il est important de rappeler que la boussole de la coopération au développement doit rester l’atteinte des Objectifs de développement durable des Nations Unies, pas les intérêts des bailleurs. »

Lire aussi

Appui au secteur privé : une note en catimini
Aide au développement

Appui au secteur privé : une note en catimini

La stratégie belge d’appui au secteur privé dans le cadre de l’aide au développement a fait l’objet d’une évaluation de grande ampleur au cours des derniers mois, sous la houlette du service de l’Evaluation spéciale de la Coopération au développement. (...)


Développement durable : que retenir du HLPF 2018 ?

Développement durable : que retenir du HLPF 2018 ?

Le 18 juillet dernier, se terminait à New York la réunion annuelle des Nations Unies sur le développement durable (Forum politique de haut niveau). Bonne volonté et mobilisation étaient au rendez-vous, mais la route reste longue pour atteindre les (...)


Inscrivez-vous à notre Newsletter