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Crise alimentaire

L’alimentation est un droit, pas une option

22 août 2012

Communiqué de presse, Bruxelles, 22 août 2012 - Le monde assiste à nouveau à une montée vertigineuse des prix des céréales. L’indice FAO des prix des denrées alimentaires a connu une hausse de 6% en juillet. Cette évolution fait craindre un scénario semblable à celui de la crise alimentaire de 2008. Les solutions existent mais elles ne sont que trop rarement et trop faiblement appliquées. Le droit à une alimentation adéquate pour tous n’est pourtant pas une option, mais bien une obligation des Etats.

Selon le président de la Confédération paysanne du Faso, Bassiaka Dao, « dans le Sahel, rares sont les familles qui s’offrent deux repas par jour aujourd’hui. Les animaux ont faim et risquent de mourir et les denrées de première nécessité ont augmenté ». La sécheresse qui a touché les Etats-Unis a provoqué une baisse de la production céréalière du pays et une hausse immédiate du cours sur les marchés mondiaux. Les denrées alimentaires étant considérées comme des valeurs refuges sur les marchés financiers depuis la crise économique de 2008, les spéculateurs ont renforcé cette tendance à la hausse.

La situation est paradoxale : des millions de personnes souffrent de la faim alors que l’offre et la demande alimentaires s’équivalent au niveau mondial. Et pendant ce temps, nos voitures continuent à rouler... aux agrocarburants ! Les politiques de soutien aux agrocarburants ont entraîné un développement rapide de ce marché, allouant une part de plus en plus grande de la production céréalière mondiale à la production de bioéthanol. Aux Etats-Unis, près de 40% de la récolte de maïs est destinée à la production d’éthanol.

Face à ce scénario, le CNCD-11.11.11 rappelle l’obligation qu’ont les États de respecter, protéger et réaliser le droit universel de tout être humain à une alimentation adéquate, disponible et accessible. Pour Nathalie Janne d’Othée, chargée de recherche sur les questions d’alimentation, des mesures sont pourtant possibles : « Il faut mettre en place une politique beaucoup plus volontaire de lutte contre la spéculation sur les marchés agricoles. Cela passe par l’interdiction de certaines pratiques et le soutien aux stocks alimentaires, mais aussi par l’abandon des objectifs irréalistes de l’Union européenne en matière d’énergies renouvelables dans le transport.  »

Mais la lutte contre la spéculation ne suffit pas, il faut aussi soutenir d’autres pratiques agricoles. « En renforçant les investissements dans l’agriculture paysanne et en soutenant l’action des organisations paysannes, on crée un socle qui permet aux pays du Sud de se protéger de l’effet de contagion des crises sur les marchés internationaux, souligne Nicolas Van Nuffel, responsable du département Plaidoyer. Seule manque la volonté politique de mettre ces solutions en œuvre. » Le CNCD-11.11.11 appelle donc les décideurs belges et européens à appliquer sans tarder les mesures qui découlent de leurs engagement à faire respecter le droit à l’alimentation.

Contact

Nathalie Janne d’Othée,
chargée de recherche sur les questions d’alimentation
nathalie.janne_at_cncd.be
02/250. 12.64 ou 0479/38.32.68

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