×

La Plateforme Urgence Gaza rencontre le ministre Reynders

22 juillet 2014

Engagement du ministre des Affaires étrangères pour un rôle plus actif de la Belgique pour la résolution du conflit israelo-palestinien.

La délégation de la Plateforme Urgence Gaza sait gré au ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, de l’avoir reçue afin de lui exprimer, au nom des organisations signataires de la Plateforme, son inquiétude des conséquences de l’opération militaire menée par Israël à Gaza et pour lui présenter les mesures que la Plateforme préconise pour la résolution du conflit entre Palestiniens et Israéliens.
Lors de cette entrevue, le ministre s’est engagé à agir pour que l’Union européenne (UE) joue un rôle politique plus actif pour la résolution du conflit au Proche-Orient. Dès lors, la Plateforme Urgence Gaza sera attentive à ce que cet engagement entraîne l’adoption de mesures de pressions par la Belgique et par l’UE sur le gouvernement israélien afin que celui-ci se conforme au droit international. Dans ce sens, le Conseil Affaires étrangères de l’UE du 22 juillet sera notamment suivi avec vigilance.

Une délégation de la Plateforme Urgence Gaza, qui a initié la manifestation du 16 juillet à Bruxelles en protestation aux bombardements de la bande de Gaza, s’est entretenue, hier en fin d’après-midi, avec le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.

La délégation a tout d’abord exprimé au ministre sa grande inquiétude face au nombre important de victimes de l’opération militaire israélienne et sa contrariété de voir la Belgique ne pas condamner avec la même fermeté la mort de civils palestiniens dans les bombardements de Gaza par Israël et la mort de civils israéliens tués et/ou les tirs de roquettes. La délégation a ensuite exposé au ministre les revendications contenues dans l’appel de la Plateforme, notamment l’urgence d’agir pour imposer un cessez-le-feu tout en exigeant d’Israël la levée du blocus de la bande de Gaza. Un arrêt des frappes ne suffira pas à empêcher que l’escalade de la violence qui a cours ne se reproduise à nouveau. Seuls des changements structurels profonds le permettraient : la levée du blocus de Gaza, la fin de l’occupation et de la colonisation des territoires palestiniens. Ce sont les préalables à la paix entre les peuples palestinien et israélien et à la sécurité des deux peuples sur le long terme.

M. Reynders a tout d’abord réfuté avoir exprimé officiellement des condamnations différentes selon que les victimes étaient palestiniennes ou israéliennes. Il a ensuite répondu que sa priorité était l’obtention d’un cessez-le-feu tout en admettant que ce cessez-le-feu doit immédiatement être suivi par un processus de relance des négociations entre Palestiniens et Israéliens, appuyé par la communauté internationale. Il considère que l’UE doit jouer dorénavant un rôle politique bien plus fort que celui qu’elle a exercé jusqu’ici. Il reconnaît que beaucoup de temps a été perdu durant les négociations qui ont eu cours dernièrement sous l’entremise de l’administration américaine et qui se sont soldées par un échec.

Concernant le rôle propre de la Belgique, M. Reynders s’est dit convaincu que la Belgique doit exercer des pressions sur Israël pour que celui-ci accepte de s’engager dans des négociations avec les Palestiniens et qu’il faut poursuivre le soutien au gouvernement palestinien d’union nationale. Il s’est félicité en ce sens de la publication, dernièrement, par la Belgique des « Business guidelines » et a regretté que ses efforts visant l’instauration d’un étiquetage correct des produits des colonies n’aient pas été suivis au niveau des autres partenaires Benelux, Pays-Bas et Luxembourg.

La délégation a encouragé le ministre à aller plus loin dans le respect des obligations du droit international par la Belgique. Les « business guidelines » publiés par la Belgique et l’étiquetage des produits des colonies, que le ministre souhaite instaurer, sont un début de prise en compte de ces obligations. Cependant, l’illégalité de la colonisation doit entraîner l’interdiction par la Belgique de toute relation économique et financière avec les colonies, y compris l’interdiction de la commercialisation des produits des colonies . P r ailleurs, la délégation a tenu à rappeler au ministre que c’est avant tout la politique d’occupation, de colonisation et le blocus de Gaza, qui entraînent la radicalisation de la résistance palestinienne et le renforcement des groupes armés.

Pour conclure l’entrevue, la délégation de la Plateforme a regretté que le ministre, dans ses propos, mette au même niveau les obligations des occupants et des occupés alors qu’il s’agit d’un déséquilibre fondamental entre les Palestiniens et les Israéliens qui doit dès lors entraîner des pressions différenciées sur les uns et les autres. De même, il ne peut être donné priorité à la sécurité d’Israël au détriment de celle des Palestiniens.

Composition de la délégation : Nadia Farkh, Association belgo-palestinienne (ABP) ; Hamdan Aldamiri, Président de la Communauté Palestinienne en Belgique et au Luxembourg, Christian Kunsch, Président du Mouvement ouvrier chrétien (MOC), Rabab Khairy, CNCD-11.11.11,Daniel Liebman, Union des Progressistes Juifs de Belgique,Robert Vertenueil, Secrétaire Fédéral de la Centrale Générale-FGTB / Algemene Centrale-ABVV

Lire aussi

Des vacances en Israël… ou en Territoires occupés ?

Des vacances en Israël… ou en Territoires occupés ?

Le tourisme se développe dans les Territoires occupés palestiniens. Une campagne interpelle les entreprises spécialisées dans le tourisme, qui se retrouvent en totale contradiction avec les Principes directeurs des Nations unies relatifs aux (...)


  • Jean-Jules Docquir, Nathalie Janne d’Othée

    26 février 2019
  • Lire
Etre une femme en Palestine occupée

Etre une femme en Palestine occupée

Les rapports sont nombreux qui décrivent les violations des droits des Palestiniens à cause de l’occupation israélienne. Droit à l’autodétermination, liberté de circuler, liberté d’expression, de rassemblement, droit à la santé, au travail décent… sont (...)


  • Nathalie Janne d’Othée

    25 janvier 2019
  • Lire

Inscrivez-vous à notre Newsletter