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Communiqué de presse

La baisse de la faim est insuffisante et nécessite un autre modèle agricole

16 octobre 2015

Ce 16 octobre est la Journée mondiale de l’alimentation. Les statistiques publiées par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) annoncent cette année encore une diminution de la faim dans le monde. Pourtant, cette tendance à la baisse, qui résulte surtout d’un changement de la méthode de calcul des statistiques opérée en 2012, masque une réalité moins réjouissante : le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde reste excessivement élevé. Plus grave, cette annonce risque d’avoir un effet pervers, en incitant les décideurs politiques à se détourner encore davantage d’un enjeu déjà relégué au second plan. Dernier exemple en date : la Belgique a annoncé le démantèlement de son Fonds pour la sécurité alimentaire.

Si la faim ne diminue pas suffisamment, c’est la conséquence de choix politiques erronés.

Si la faim ne diminue pas suffisamment, c’est la conséquence de choix politiques erronés. La signature d’accords de libre-échange empêche les pays pauvres d’assurer des prix rémunérateurs aux paysans, mis en concurrence avec l’agro-business et qui sont les premières victimes de la faim. Ensuite, les politiques d’austérité empêchent la mise en place de programmes de protection sociale, pourtant essentiels pour réduire la faim lorsqu’ils soutiennent en même temps l’agriculture familiale, comme c’est le cas avec les programme faim zéro au Brésil ou les programme d’achat et de distribution d’aliments en Inde ou au Philippines. En outre, l’incapacité à limiter le réchauffement climatique entraîne un problème d’accès à l’eau pour irriguer les sols, comme c’est par exemple le cas dans les pays du sahel, ce qui pèse sur les rendements agricoles et exacerbe les crises alimentaires. Enfin, le financement de projets qui concentrent les terres entre les mains d’une minorité, comme le font régulièrement la Banque mondiale et de nombreuses banques et fonds d’investissement, menace l’agriculture familiale qui produit pourtant 75% de l’alimentation mondiale mais doit se contenter de moins du quart des terres agricoles mondiales.

Selon Stéphane Desgain, chargé de recherche au CNCD-11.11.11 : «  Au moment où 50% de la population mondiale ne disposent que de 1% des richesses mondiales, la journée mondiale de l’alimentation doit être l’occasion de tirer la sonnette d’alarme et de promouvoir un autre modèle agricole pour garantir la souveraineté alimentaire, basé sur le soutien à l’agriculture familiale, aux pratiques agro-écologiques et aux filières courtes  ».

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