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La finance décomplexée : 10 propositions pour s’en débarrasser

Gaspard Denis Gaspard Denis
27 février 2009

Compte tenu de son ampleur sans précédent depuis la grande dépression des années 30, la crise financière actuelle constituera sans aucun doute un tournant majeur dans l’histoire politique et économique du 21e siècle. Nul ne conteste en effet aujourd’hui le fait qu’elle marque l’effondrement du projet néolibéral, dont deux des composantes principales sont la dégradation des revenus du travail au profit de ceux du capital ainsi que la libéralisation financière. Comme toute crise, cependant, elle laisse place à des interrogations profondes quant à la nature de son dénouement. En effet, rien ne dit que la récession économique qui s’est étendue à l’ensemble de la planète ne débouche in fine sur un statut quo idéologique, voire sur l’émergence d’une variante encore plus violente du projet néolibéral. La réponse politique aux effets sociaux de la crise (augmentation du chômage et des inégalités) pourrait en effet prendre la forme d’un approfondissement de la mise en œuvre, d’une part, des réformes du marché du travail (davantage de flexibilité du travail, de modération salariale, de politiques d’activation des chômeurs, etc.) et, d’autre part, de politiques fiscales régressives. Tout comme elle pourrait, au contraire, donner lieu à une réelle refonte du système financier, de telle sorte que ce dernier soit au service des besoins de la société. Nous vivons donc une période cruciale dont l’issue sera déterminante pour les prochaines décennies à venir.

Jusqu’à présent, la réaction des gouvernements par rapport à la crise a été largement décevante. Au-delà de la rhétorique visant à « refonder le capitalisme », peu d’initiatives ambitieuses visant à re-réguler le système financier international ont été proposées. Bien que le 15 novembre 2008, le sommet du G20 ait adopté à Washington un plan d’action relatif à la crise [1], les mesures restent floues et un groupe d’experts a été chargé de livrer des pistes concrètes pour le 31 mars 2009, à la veille d’un second sommet qui sera organisé à Londres le 2 avril prochain.
Aussi, pour l’instant, les gouvernements des pays riches se sont limités à socialiser les pertes enregistrées par le secteur financier sans réclamer aucune contrepartie à ce dernier. En effet, ils sont intervenus sur les marchés financiers pour racheter les créances douteuses, garantir les dépôts, recapitaliser les banques, voire les nationaliser.
Bien que de telles actions étaient nécessaires pour éviter un effondrement en cascade du système bancaire, il est urgent désormais que les gouvernements passent à la seconde étape, à savoir : la mise en œuvre de mesures concrètes pour refonder le système financier international. A ce sujet, les mois à venir seront déterminants. Les mouvements sociaux devront peser de tout leur poids afin d’influencer les réformes à venir dans le sens le plus progressiste possible. La remise en cause actuelle du dogme de l’autorégulation offre d’ailleurs à ces derniers une occasion unique de réhabiliter les institutions financières publiques ainsi que la taxation des revenus du capital comme instruments de lutte contre la spéculation financière.

Le présent document vise pour l’essentiel à contribuer au débat sur les alternatives au capitalisme financier. La première section est consacrée à l’identification des causes principales de la crise financière qui a éclaté aux États-Unis durant l’été 2007 avant de contaminer l’ensemble du système financier international. La seconde partie propose une liste non exhaustive de mesures à mettre en œuvre pour remettre la finance au service des besoins sociaux et économiques de nos sociétés. Bien que la majorité d’entre elles soient surtout adaptées au contexte des économies développées et émergentes, leur application aurait également des effets directs sur la stabilité financière des pays moins avancés (PMA).

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Tags: Finances

[1Ce plan d’action est fondé sur cinq principes de réforme : le renforcement de la transparence et de la
responsabilité des opérateurs financiers, l’application d’une saine régulation, la promotion de l’intégrité des marchés
financiers, le renforcement de la coopération internationale et la réforme des institutions financières internationales, in
ZACHARIE, A., janvier-février 2008, « Crise financière : la page blanche du G20 »,
www.cncd.be/spip.php ?article494.

Qui ? Gaspard Denis
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