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Citoyen, citoyenne

La solidarité, par le vélo

Aurélie Mommens Aurélie Mommens
27 juin 2011

Un moyen de transport, le vélo l’est certainement à l’heure où le tout-bagnole prend l’eau. Par contre, un moyen d’exprimer sa solidarité avec le Sud … on n’y aurait peut-être pas pensé tout de suite, mais d’autres nous l’ont démontré. Petit tour d’horizon non exhaustif.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de réchauffement climatique, de surconsommation énergétique, de gaz à effet de serre… Et chacun a sa petite idée sur la façon dont il faut « durabiliser » le monde qui nous entoure : l’un recycle, l’autre achète des produits bio, un troisième fait du covoiturage, et j’en passe. Si ces initiatives ne sont pas négligeables, quelques-unes se détachent du lot par la curiosité qu’elles suscitent. En effet, certains ont décidé de mettre en place des actions originales, et d’allier exercice physique, écologie et solidarité Nord-Sud. Comment me direz-vous ? En pédalant !

Le vélo, c’est sympa, pratique, bon pour le cœur, pour la ligne… et c’est un moyen de déplacement économe en énergie. Ça, tout le monde le sait. Mais certains ont poussé l’usage du vélo un cran plus loin. Evoquons ces cyclistes amateurs qui ont enfourché leur vélo pour marquer leur soutien envers le Sud.

Il ne faut pas se contenter de gestes ponctuels pour l’environnement, mais bien en faire une habitude de vie

Cédric Gillet est enseignant à Virton et sportif dans l’âme. Il parcourt trois fois par semaine, depuis trois ans, les 45 kilomètres aller-retour entre son domicile et son lieu de travail. Et ce par tous les temps ! Son employeur lui accorde une indemnité kilométrique liée à ce déplacement, et il a décidé, il y a un an, de la verser au CNCD-11.11.11. D’une pierre deux coups, voire trois, puisqu’il se maintient en forme, contribue à sa micro échelle à freiner le réchauffement climatique et soutient des projets de développement dans les pays du Sud. Selon lui, « le vélo a un avenir, contrairement à la voiture  ». Il aime cette idée de contribuer à l’action d’une ONG, tout en intégrant des gestes écologiques à son quotidien. Il faut d’après lui «  ne pas se contenter de gestes ponctuels pour l’environnement, mais bien en faire une habitude de vie ». Son souhait ? Créer un véritable réseau organisé qui rassemblerait tous ceux pour qui le trajet maison-boulot rime avec vélo.

Il n’est pas le seul à préférer le guidon au volant. Claudine Drion, ex-députée et membre de l’ONG Le Monde selon les femmes, a pris l’initiative de parcourir à bicyclette la Belgique en une série d’étapes de 35 à 100 kilomètres. Son objectif ? Faire connaître les initiatives bio ici et au Sénégal. Ici, elle rend visite à des producteurs bio, souvent peu connus du grand public. Là-bas, elle soutient le projet d’agriculture bio de l’ONG Enda Pronet. Sensible depuis longtemps à la thématique de la souveraineté alimentaire, elle est convaincue que « l’agriculture bio familiale constitue au Sud un moyen de sortir de la faim ». Elle verse ainsi l’intégralité des dons qui lui sont octroyés par kilomètre parcouru au Monde selon les femmes, qui finance ce projet. Une bonne manière de combiner sa passion pour le vélo et de faire du Nord-Sud concret.

Au-delà des initiatives individuelles, des mouvements de plus grande ampleur se mettent en place. Retenons-en un : Via Vélo Palestina, dont la 5e édition a eu lieu le 14 mai dernier à Bruxelles. Les organisateurs de cette promenade à vélo se sont inspirés du « Peace cycle », une opération de soutien à la Palestine qui rassemble des cyclistes pour un trajet de Londres à Jérusalem. Leur but est de dénoncer ce qu’il se passe en Palestine. Cette année, ils ont mis en avant la campagne BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanction) lancée par la société civile palestinienne en 2005. Pourquoi avoir choisi le vélo ? Parce, selon Geneviève Freres, coordinatrice de l’événement, « le vélo est un moyen pacifique et très fédérateur. Il permet de convaincre des gens qui ne militeraient pas, d’entrer dans la militance ».

Bref, c’est l’été, les vacances pour certains, les week-ends (en principe) ensoleillés pour tous, le moment idéal pour penser le vélo autrement.

Source : article publié dans dlm, demain le monde, n°8, juillet-août 2011 // www.cncd.be/dlm

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