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Etude

La stratégie DSRP-PPTE en RD Congo

Introduction. Si, lors de la conférence de Berlin qui se termine en février 1885, l’immense Congo devient une colonie placée sous la souveraineté du roi de la petite Belgique, Léopold II, c’est parce que ce dernier a su tirer les fruits de la rivalité entre les trois puissances de l’époque (la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis), tout en se présentant comme un humaniste cherchant à enrayer la traite des Noirs opérée par les Arabes. A l’époque, le territoire congolais est présenté comme une colonie ouverte aux marchands de toute l’Europe. Sur fond de chicottes, de mains coupées ou de viols, la mission « civilisatrice » de Léopold II fera du Congo la colonie la plus lucrative d’Afrique, grâce à l’exploitation du cuivre, du caoutchouc, de l’ivoire ou de l’hévéa. Ce n’est qu’en 1908, sous la pression internationale, que le gouvernement belge destitue Léopold II de la colonie congolaise. L’exploitation des richesses naturelles ne diminuera pas pour autant. Elle traversera les deux guerres mondiales.

L’indépendance du Congo est proclamée le 30 juin 1960. Lors de la cérémonie officielle, le Premier ministre congolais fraîchement élu, Patrice Lumumba, réalise un discours imprévu et qui contraste radicalement avec la vision de l’ancien colon : « Nous avons connu que la loi n’était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses. Exilés dans notre propre patrie, notre sort était vraiment pire que la mort elle-même ». Très vite, le Colonel Mobutu, appuyé par les puissances occidentales, se retrouve à la tête de l’armée qui entre en guerre contre les « Lumumbistes ». Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba et deux de ses collaborateurs sont assassinés. Cinq ans et des dizaines de milliers de morts plus tard, la quête d’une indépendance « contrôlée » est parachevée par le second coup d’Etat de Mobutu. C’est le début d’une dictature de trente-deux années dans le Zaïre de Mobutu.

Les années 1970 sont celles de la « kleptocratie mobutiste », c’est-à-dire des emprunts bancaires massifs, des détournements de fonds, de la corruption et des « éléphants blancs », ces projets de développement pharaoniques allant de la ligne à haute tension Inga- Shaba à l’aciérie de Maluku. La crise de la dette extérieure des années 1980 débouche ensuite sur les années d’austérité, de la politique de la rigueur menée par le Premier ministre Kengo wa Dondo, en étroite collaboration avec le FMI et la Banque mondiale. Les coupes sombres dans le budget de l’Etat et dans les dépenses sociales poussent les populations à mener des stratégies de survie. Même Mobutu, inquiet de voir sa cassette personnelle tronquée, exprimera son désaccord.
La « démocratisation » du début des années 1990 ne sera que poudre aux yeux et l’immense espoir soulevé par l’organisation d’une Conférence nationale souveraine sera de courte durée. Il faudra attendre le mois de mai 1997 pour que l’Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila renverse le dictateur et fonde la République démocratique du Congo (RDC). Mais dès le 2 août 1998, un mouvement de rébellion de militaires banyamulenge (des Congolais tutsis de souche rwandaise) marque le début d’un conflit d’une extrême complexité, impliquant toute la région des Grands Lacs et faisant plus de 3 millions de morts en RDC.

L’assassinat le 16 janvier 2001 de Laurent-Désiré Kabila, remplacé par son fils Jospeh, marquera le début d’une nouvelle ère menant au dialogue inter-congolais, à un fragile processus de paix et à un gouvernement de transition. Simultanément, la reprise des relations avec la communauté financière internationale, la liquidation des arriérés de la dette extérieure contractée par Mobutu et la rédaction d’un document intérimaire de stratégies de réduction de la pauvreté (DSRP-I) a permis à la RDC d’entrer de plain-pied dans la stratégie DSRP-PPTE. C’est là le début d’un long processus censé sortir le pays de l’ornière dans laquelle il se trouve.

Télécharger l’étude dans son intégralité ci-dessous.

Qui ? Arnaud Zacharie
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