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Communiqué de presse

Le front commun syndical et les ONG ont déjeuné ce midi chez Umicore

Le meilleur rempart contre la pauvreté reste le travail. Mais ce travail doit être de qualité et payé décemment. Or, la moitié de la population active mondiale gagne moins d’1,50 euro par jour. Travailler tout en restant pauvre est inacceptable. C’est pourquoi, syndicats et ONG (dont le CNCD-11.11.11, coordinateur de la campagne nationale ) ont décidé de mener des actions en faveur du travail décent. Du 1er au 21 mai 2009, la campagne « travail décent » franchira les portes de centaines de petites et grandes entreprises.

Pause de midi dans les entreprises

Ce 22 avril donne le signal de lancement des actions qui seront bientôt menées dans les entreprises afin d’intégrer le travail décent dans la culture du monde du travail.

Pourquoi Umicore ? Cette société est la première multinationale belge à avoir signé, en 2007, une Convention-cadre internationale et à s’engager à respecter les conventions de base de l’Organisation internationale du travail pour tous ses travailleurs et pour l’ensemble de sa chaîne de production.

Dans les entreprises, divers outils seront à disposition des travailleurs qui mènent l’action. Une pétition adressée aux employeurs a pour objectif de faire respecter les normes fondamentales du travail, tant dans l’entreprise elle-même que dans ses filiales et chez ses fournisseurs. En prenant leur pause de midi ensemble, en portant des pins « Je ne suis pas un outil » et en signant des cartes d’action, les travailleuses et les travailleurs montrent clairement à leur employeur qu’ils défendent le travail décent dans le monde entier. Lors de la concertation sociale, l’employeur est prié de souscrire à un code de conduite et de le respecter. Les travailleurs de multinationales peuvent même aller plus loin et essayer de mettre en place une convention cadre internationale (CCI), notamment par le biais du Comité d’entreprise européen. Cette convention définit les normes de travail minimales pour tous les travailleurs de l’entreprise, quel que soit l’endroit où ils se trouvent. C’est là un grand pas en avant pour le travail décent.

Les travailleurs de tous les pays

Il ne peut y avoir de travail décent sans liberté d’association. S’organiser est le seul moyen pour les travailleurs de montrer qu’ils ne sont pas des outils, c’est aussi un façon d’exprimer leurs problèmes et de faire pression sur les pouvoirs publics et les employeurs. La liberté d’association, le droit aux négociations collectives et le droit de grève (c’est-à-dire les droits syndicaux) sont des droits fondamentaux qui sont violés quotidiennement dans le monde entier. Selon le dernier Rapport annuel de la Confédération syndicale internationale (CSI), pas moins de 91 syndicalistes ont été assassinés en 2007, 5463 ont été arrêtés et 8627 travailleurs ont été licenciés en raison de leur affiliation à un syndicat. Plus de la moitié de tous les travailleurs du monde n’ont pas le droit de s’organiser. Des pays tels que la Chine, l’Inde, le Brésil et même les Etats-Unis n’ont toujours pas ratifié la convention sur la liberté d’association de l’Organisation internationale du travail (OIT). Tant que les droits syndicaux ne seront pas respectés partout, les travailleurs continueront à être montés les uns contre les autres. Pour mettre un terme à cette situation, il faut que le droit d’association soit d’application dans le monde entier. Si la crise économique nous a appris une chose, c’est bien qu’aujourd’hui, tout est lié et que des règles basées sur le travail décent doivent être imposées aux entreprises.

Témoignage : des syndicats indispensables

Yunus, ouvrier dans une usine textile en Indonésie, témoigne : « Je travaille dans une usine textile. J’avais un contrat temporaire d’un an, comme tous mes collègues. Je n’avais donc ni 13e mois, ni sécurité sociale, ni bonus. Il nous était en outre interdit de s’affilier à un syndicat. Je suis malgré tout devenu membre du syndicat K-SBSI, qui a essayé de négocier avec notre employeur. Le lendemain, tous les travailleurs affiliés au syndicat ont été licenciés. » Le K-SBSI a introduit un recours en justice et a obtenu gain de cause. Les travailleurs ont été réintégrés et 600 des 1000 ouvriers disposent désormais d’un contrat fixe.

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