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Le future de la coopération au développement avec l’Amérique latine

Echos d’une conférence d’acteurs du développement à Bruxelles

12 avril 2012 : Une conférence sur le futur de la coopération au développement avec l’Amérique latine a réuni le 27 mars 2012 une centaine d’acteurs du monde de la coopération au développement à Bruxelles. L’enjeu était d’identifier les nouvelles tendances et défis de la coopération avec l’Amérique latine suite aux nombreuses déclarations de concentration et de différentiation de la politique de coopération aux niveaux de l’UE et de ses Etats-membres, comme celle de la Belgique.

Lors de la conférence, des représentants de la Commission européenne (CE) ont expliqué les propositions de l’« Instrument de coopération au développement » (07/12/2012) de la CE qui vise à revoir fondamentalement la politique de coopération avec l’Amérique latine pour la période 2014 – 2020. Cet instrument détaille le contenu de l’ « Agenda pour le changement » d’octobre 2011 de la CE qui propose une augmentation de 25 % de l’aide publique au développement en diminuant en même temps les fonds de la coopération pour les pays à revenu moyen et en focalisant en même temps sur les thématiques de gouvernance et de croissance inclusive. 19 pays seraient supprimés de la coopération bilatérale géographique, 11 de ceux-ci sont en Amérique latine. Selon les représentants de la CE à la conférence, seul la Bolivie, Cuba, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua et Paraguay resteraient dans la coopération géographique de l’UE. Mais d’autres programmes de coopération, comme la coopération régionale sur des thèmes comme le bien commun, la société civile, les autorités locales ainsi que des instruments horizontaux comme les instruments pour la stabilité, la démocratie et les droits humains, resteraient néanmoins à portée pour tous les pays d’Amérique latine dans le cadre de la coopération de la CE, comme insistaient les représentants de la CE.

La réaction des représentants d’organisations syndicales et sociales présents à cette conférence ont été très univoques : pour eux cette perspective politique prend beaucoup trop peu en considération que 75 % de la pauvreté se concentre dans le pays émergeants et qu’il faut garder une attention tout à fait particulière pour la question de l’inégalité qui reste un problème particulièrement important pour l’Amérique latine. « S’y ajoutent des discriminations persistantes de race et de genre. C’est ça le visage de l’injustice dans ce continent. Les démocraties sont fragiles. La répression, la criminalisation des mouvements sociaux n’a pas cessée » était une des conclusions, et « la clé pour changer la situation d’inégalité, c’est l’évolution des organisations syndicales et d’autres organisations sociales » comme le soulignait Carlos Molina, directeur de l’ICAES, Institut syndical d’études sociales d’Amérique centrale, présent à la conférence. Il insistait également à cette occasion particulièrement sur la nécessité de la cohérence des politiques de dialogue politique, coopération et commerce, p.ex. entre des régions comme l’UE et l’Amérique centrale. Le travail décent doit être au centre de la coopération internationale ; concluait-t-il, compris comme un travail qui valorise pleinement les droits.

Thomas Miessen, ACV - CSC

Les droits humains d’abord !



Disciplinons les multinationales, refusons une justice qui les privilégie.
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