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Communiqué de presse

Le gouvernement belge accepte un président illégitime au Honduras

27 janvier 2010

Ce mercredi 27 janvier, à l’appel de plusieurs associations, quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés à 11h devant les portes du ministère des Affaires étrangères à Bruxelles pour demander aux autorités fédérales belges de ne pas reconnaître le nouveau gouvernement illégitime de Porfirio Lobo au Honduras.

Lors de ce rassemblement, une délégation des deux coupoles d’organisations de solidarité Nord-Sud, 11.11.11 et le CNCD-11.11.11, et du réseau européen CIFCA [1] a rencontré les responsables de la cellule politique du ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere.

La délégation a expliqué pourquoi le nouveau gouvernement de Porfirio Lobo, qui entre en fonction aujourd’hui au Honduras, est aussi illégitime que celui qui l’a précédé, arrivé au pouvoir par un coup d’État le 28 juin 2009. Monsieur Lobo a été élu lors d’une procédure électorale non reconnue par la communauté internationale, biaisée par la militarisation du pays et un contexte de persécution politique, suite au putsch. La délégation des manifestants a apporté le témoignage de graves violations des droits humains, incluant des dizaines d’assassinats, dont sont victimes les dirigeants du mouvement de résistance au coup d’Etat.

Selon Ellen Verryt, membre de la délégation pour 11.11.11 (Vlaanderen), « les représentants du ministre ont expliqué que le gouvernement belge ne veut pas mettre en péril un consensus européen. Malgré nos arguments qui démontrent le contraire, le gouvernement belge considère que les élections du 29 novembre 2009 étaient démocratiques. Cette attitude est très dangereuse car elle légitime le coup d’Etat, ce qui représente un précédent dangereux en Amérique latine, où des groupes de pression et des militaires de haut rang voudraient mettre fin à une série de gouvernements progressistes ».

Pour Erik Van Mele, qui représentait le CNCD-11.11.11, «  le gouvernement belge met son espoir dans la négociation de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Amérique centrale pour pouvoir dialoguer sur les droits humains. Mais tout indique que les discussions se focalisent sur un accord de libre-échange qui privilégie les droits des investisseurs au détriment des droits humains et du développement durable. Nous demandons le maintien des sanctions actuelles contre les complices du coup d’Etat, dont le nouveau président ».

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