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Les Assises façonnent le nouveau visage de la coopération au développement

Eric Walravens Eric Walravens
11 juin 2015

Le « Sud », voilà un concept souvent utilisé dans le monde de la coopération au développement. Moins qu’un point cardinal, il renvoie à un ensemble vaguement défini des pays bénéficiaires de la coopération, entendue comme celle déployée par le « Nord » européen et américain. Ce paradigme Nord-Sud, qui structure l’action des ONG de solidarité internationale, est-il encore pertinent dans un monde désormais multipolaire ? Est-il voué à s’étioler, comme avant elle la notion de « tiers-monde » ? C’était tout l’objet des Assises de la coopération non-gouvernementale, organisées par le CNCD-11.11.11 les 29 et 30 mai derniers. Quelque 300 participants, issus des ONG et du monde associatif au sens large, mais aussi des sphères publiques et académiques, ont débattu pendant deux jours de la coopération de demain.

Sebastian Santander, professeur de Sciences politiques à l'ULg et directeur du Center for International Relations Studies . 9. Sebastian Santander, professeur de Sciences politiquesà l'ULg et directeur du Center for International Relations Studies (Crédit : © Arnaud Ghys )

Une chose semble claire pour tous : le temps de la coopération à sens unique est définitivement révolu. Les pays émergents, au premier rang desquels la Chine, bouleversent la grille d’analyse en investissant substantiellement dans les pays en développement. L’apport chinois prend souvent la forme d’appui aux travaux d’infrastructures. Davantage lié à un accès aux matières premières qu’à des conditionnalités politiques, cet échange semble moins moralisateur que l’assistance occidentale. Il n’en est pas moins dénué d’arrière-pensées géostratégiques, a expliqué Sebastian Santander (ULg), lors du premier atelier des Assises.

Susan George, TNI . 15. Susan George, TNI (Crédit : © Arnaud Ghys )

Ce monde multipolaire est également caractérisé par une redistribution des cartes économiques, a poursuivi Susan George durant le second atelier. Si les inégalités entre pays sont moins prégnantes, elles se renforcent entre catégories de la population partout sur la planète : le pourcent le plus riche s’arroge une part toujours plus substantielle de la richesse mondiale.

La lutte contre le creusement des inégalités incarne parfaitement le nouveau type de combats qu’aura à mener la société civile dans le monde de demain : politiques, internationaux et à multiples facettes. Le changement climatique ou l’éducation à la citoyenneté mondiale sont d’autres exemples.

Les ONG disposent de solides atouts pour s’atteler à cette tâche : elles sont des laboratoires d’idées et des productrices de valeurs dans un monde en perte de sens. Elles ont accumulé une solide expérience en matière de partenariats et de réseaux internationaux. Elles ont aussi les capacités de mobiliser les citoyens et de faire reposer leurs actions sur une large base sociale.

Bien davantage que la fourniture de biens et services ou le renforcement de capacités, ce sont ces atouts qui leur permettront d’avoir une valeur ajoutée dans le nouveau contexte mondial.

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