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Communiqué de presse

Les ONG expriment leur indignation face aux nouveaux prêts consentis par le FMI à Haïti

4 février 2010

Suite au tremblement de terre qui a frappé Haïti, des centaines d’organisations de la société civile partout dans le monde ont interpellé leur gouvernement pour qu’ils annulent la dette d’Haïti. Cette dette illégitime et odieuse a été contractée par des régimes dictatoriaux qui cherchaient alors à se financer et à se maintenir au pouvoir.

La Banque mondiale (créancière de 39 millions de dollars) et la Banque interaméricaine de développement (créancière de 447 millions de dollars) se sont déclarées favorables à des efforts d’annulation de cette dette. Le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a également manifesté sa volonté d’agir en ce sens. Malgré ces déclarations d’intention, aucun accord d’annulation de la dette n’a été établi à ce jour.

Au contraire, le FMI a consenti un nouveau prêt de 102 millions de dollars à Haïti, faisant grimper son ardoise à 250 millions de dollars. Alors que l’institution internationale présente ce nouveau prêt comme une contribution de la communauté internationale à la reconstruction haïtienne, il entre en fait dans le même cadre que les créances déjà consenties par le FMI dans le passé, se trouvant ainsi assorti d’importantes conditions politiques et économiques pour Haïti, comme l’augmentation du tarif de l’électricité ou encore le gel des salaires de la fonction publique.

Selon Camille Chalmers, directeur de la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA), «  les dettes imposées par les institutions financières internationales ont contribué à la destruction de notre pays. Ces prêts, équivalant à un tremblement de terre qui a commencé en 1983, datent de notre premier accord avec le FMI et ont déstabilisé nos institutions, aujourd’hui incapables de répondre à une crise de cette magnitude ».

Plusieurs organisations de la société civile européenne et haïtienne demandent au FMI et aux institutions internationales d’annuler immédiatement la dette d’Haïti. Il y a deux jours, le Venezuela, pays en voie de développement, annonçait son intention de suivre la voie citoyenne et d’agir en ce sens. Il est dès lors inconcevable que le FMI, mené par les pays les plus riches du monde, n’en fasse pas de même.

Les organisations demandent également aux pays riches de continuer leurs efforts de mobilisation des ressources pour la reconstruction haïtienne.

  • Contact presse : Arnaud Zacharie (0495.92.35.58)

Signataires :

  • CNCD-11.11.11
  • 11.11.11- Koepel van de Vlaamse Noord-Zuidbeweging
  • Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM)
  • Jubilee Debt Campaign, UK
  • Debt and Development Coalition Ireland
  • Plate-forme Dette & Développement
  • CCFD-Terre Solidaire
  • Jubilee Scotland
  • Campagna per la Riforma della Banca Mondiale
  • Observatorio de la Deuda en la Globalización
  • European Network on Debt and Development
  • Both ENDS
  • Share the World’s Resources
  • Ekvilib Institute
  • Diakonia
  • The Norwegian Coalition for Debt Cancellation
  • Norwegian Church Aid
  • Attac Norway
  • The Norwegian Solidarity Committee for Latin America
  • Latin American Solidarity Centre
  • KOO- Koordinierungsstelle der Österr. Bischofskonferenz f. internationale Entwicklung und Mission
  • World Development Movement UK
  • Aktion Finanzplatz Schweiz
  • new economics foundation uk
  • Forum Syd
  • Ecologistas en Acción (Spain)
  • Attac España
  • erlassjahr.de
  • Freedom From Debt Coalition
  • The Development Research Center (Bulgaria)
  • Vision du Monde
  • Christianaid (UK)
  • Berne Declaration (Switzerland)
  • Broederlijk Delen (Belgium)
  • Campaña ¿Quien debe a Quien ?
  • Manuel zaguirre, President SOTERMUN (Spain)
  • Santiago González, Inrernational Dep. USO (Spain)
  • COEH : Coordination Europe-Haïti (plate-forme de 65 ONG et organisations de solidarité européennes travaillant en Haïti)

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