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Les Objectifs de développement durable, kézako ?

4 novembre 2016

Vous connaissez les objectifs de développement durable ? Si oui, vous faites partie d’une minorité de la population (10%), qui a déjà entendu parler de programme ambitieux des Nations Unies. Pour tous les autres, voici un petit cour de rattrapage.

Les objectifs de développement durable (ODD), adoptés en 2015, constituent le cadre de référence des Nations unies pour le développement international. Ils remplacent les 8 objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui se focalisaient sur les seuls symptômes sociaux de la pauvreté dans les pays en développement, sans en interroger les causes structurelles. Principaux changements ? Tous les pays sont concernés et les objectifs, désormais au nombre de 17, sont déclinés en 169 cibles précises. Les ODD sont donc, en bref, l’horizon que s’est fixé l’ONU pour un développement harmonieux.

Ce programme est ambitieux, puisqu’il vise à généraliser à l’ensemble du monde le développement économique et social, tout en réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et l’utilisation des ressources naturelles. Une perspective illusoire sans une transition rapide et radicale vers de nouveaux modèles de développement, à la fois plus pauvres en carbone, moins gourmands en matières premières et plus équitablement répartis.

Un enjeu important, donc, et pourtant, les Belges sont peu conscients de ce cadre de référence. Le sondage Dedicated Research / CNCD-11.11.11 le montre : à peine 10% des Belges le connaissent. La très grande majorité de la population n’en a tout simplement jamais entendu parler. Une fois informés, ils se montrent pessimistes : à peine 9% pensent que ces objectifs peuvent réalistement être atteints à l’horizon 2030, tandis que 58% ne le croient pas. Une bonne partie de la population (41%) n’en trouve pas moins que les Etats devraient être obligés d’atteindre les objectifs, pour 24% estimant le contraire.

Quand on leur demande de quoi dépend la réalisation des ODD, les Belges citent en premier lieu : d’une volonté politique suffisante (30%). Le CNCD-11.11.11 en est également convaincu : la volonté des gouvernements sera essentielle pour garder le cap du développement durable, et en particulier pour le financer. On estime à un montant estimé entre 3 500 et 5 000 milliards de dollars par an, ce qui représente 4,7 à 6,7 % du PIB mondial, les investissements nécessaires pour les atteindre. Le montant est colossal et ot on est loin du compte.

Si la population belge a peu entendu parler des ODD, elle est encore moins au fait du PAAA, le programme d’action d’Addis Abeba, censé en assurer le financement. Or, ce programme, adopté en juillet 2015, s’est avéré décevant. Aucun progrès n’a ainsi été enregistré sur la question pourtant essentielle de la fiscalité internationale.

Dans ce contexte, la société civile se doit de rester attentive à la traduction des ODD dans des plans d’action concrets adoptés par tous les gouvernements, ainsi que le respect par les firmes transnationales de normes sociales et environnementales.

En Belgique, le CNCD-11.11.11 continuera de relayer le message auprès de la population et des autorités.

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