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Les banques actives en Belgique financent des entreprises responsables d’accaparements de terres

4 décembre 2013

Le rapport « Les banques en Belgique financent l’accaparement de terres. Quelle régulation du secteur ? » publié aujourd’hui par le CNCD 11.11.11, SOS FAIM, OXFAM, FAIRFIN et le Réseau financement alternatif montre que des banques actives en Belgique facilitent les activités d’entreprises qui se sont accaparées des terres. Aujourd’hui, la superficie de ces terrains fonciers passés en toute opacité de la main des populations locales à celles de spéculateurs internationaux équivaut à 65 fois la Belgique.

« (…) parce que les agriculteurs sont expulsés de leurs terres (…) nombreux sont devenus des travailleurs agricoles dans les grandes plantations, habituellement payés au-dessous des salaires de subsistance, et souvent sans protection légale ni sociale (…)  » avance Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation. Ce constat, corroboré par l’étude récente « Commodity Crimes. Illicit land grabs, illegal palm oil, and endangered orangutans » menée par l’ONG Friends of the Earth Indonesia, témoigne d’une « ruée mondiale sur les terres » et invite à s’interroger sur les liens étroits qui unissent les secteurs bancaire et agroalimentaire.

Ce nouveau rapport passe donc au crible les fonds d’investissement d’une dizaine d’institutions bancaires actives en Belgique (BNP Paribas Fortis, Belfius, KBC, ING, bpost banque, Deutsche Bank, ABN AMRO, Rabobank, AXA et Dexia). Malgré la difficulté d’accès aux informations bancaires, il montre clairement que sept des dix entreprises identifiées comme participant à l’accaparement des terres paysannes (Sipef, Socfin, Wilmar, Bunge, Cargill, Archer Daniels Midland, Daewoo) ont bénéficié de leur soutien puisqu’elles se retrouvent présentes dans différents fonds d’investissement. Nous y apprenons notamment que BNP Paribas Fortis et Deutsche Bank gèrent chacun des fonds qui contiennent des titres sur ces différentes entreprises pour plus de 110 millions d’euros, facilitant ainsi le financement de leurs pratiques inadmissibles !

Outre ces révélations, le rapport pointe du doigt l’inexistence d’une régulation publique et l’inefficacité des outils d’autorégulation mis en place par le secteur financier. Cette absence de cadre législatif incombe au gouvernement belge et ces manquements, directement au secteur bancaire. Le rapport comporte donc également une série de recommandations adressées au gouvernement belge.

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