Les droits des filles et des femmes en péril
La mobilisation sociale a permis d’empêcher l’adoption d'une loi réactionnaire mais les droits des femmes restent menacés
Au Brésil, des milliers de filles et de femmes victimes de violences sexuelles ont récemment vu leurs droits menacés par un projet de loi d’une extrême violence. A l’été 2024, un texte visant à assimiler l’avortement à un homicide — y compris lorsqu’il fait suite à un viol — a été propulsé en urgence au Parlement brésilien. S’il avait été adopté, une fillette ou une femme violée aurait pu encourir jusqu’à 20 ans de prison, parfois une peine plus lourde que celle de son agresseur. C’est un projet de loi aux conséquences humaines dramatiques : il aurait transformé des victimes en criminelles, les contraignant à mener à terme des grossesses issues de violences, au mépris de leur santé, de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.
Si ce texte de loi avait été adopté, une fillette ou une femme violée aurait pu encourir jusqu’à 20 ans de prison
Dans un pays où près de 20 000 enfants deviennent mères chaque année, souvent à la suite de violences sexuelles, les filles et les femmes noires et issues de milieux précarisés sont les premières victimes de ces violences. Par ailleurs, l’accès à l’avortement légal est entravé par des pressions, des intimidations et des refus de soins.
Le poids de la société civile brésilienne
Face à cette attaque, une mobilisation massive de la société civile brésilienne s’est organisée. En effet, les organisations de défense des droits humains, les mouvements féministes et certains acteurs juridiques considèrent que ce projet de loi est un retour en arrière puissant sur les droits sexuels et reproductifs.
Sous la pression citoyenne, ce projet de loi n’a pas été adopté et reste aujourd’hui bloqué dans le processus législatif. Cette situation constitue une victoire importante mais fragile : le texte peut à tout moment être remis à l’agenda politique.
Notre organisation partenaire, ABONG – l’Association brésilienne des organisations non gouvernementales, soutenue par l’Opération 11.11.11, a joué un rôle central dans cette mobilisation. Représentant 237 ONG, ABONG a contribué à freiner ce projet en dénonçant publiquement une procédure parlementaire expéditive et antidémocratique ; portant la voix des femmes et des filles victimes de violences, largement absentes des espaces de décision politique ; coordonnant et relayant la mobilisation de centaines d’ONG, de mouvements féministes et d’organisations de terrain à travers le pays ; alertant l’opinion publique brésilienne et internationale sur les conséquences de ce texte et en défendant l’accès effectif à l’avortement légal et à des soins de santé humanisés, droits essentiels pour les survivantes de violences sexuelles.
Cette situation constitue une victoire importante mais fragile : le texte peut à tout moment être remis à l’agenda
Une vigilance indispensable
Si cette mobilisation a permis d’empêcher, pour l’instant, l’adoption de cette loi, les droits des femmes restent profondément menacés au Brésil. Les tentatives de remise en cause des droits sexuels et reproductifs se multiplient, et seule une société civile forte et soutenue peut y faire face.
En soutenant ABONG, vous contribuez concrètement à protéger les filles et les femmes victimes de violences ; à renforcer la capacité de résistance de la société civile brésilienne et à défendre une démocratie respectueuse des droits humains.
Cette victoire montre que la mobilisation collective peut faire reculer l’injustice, mais aussi que rien n’est jamais acquis.







