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Les enjeux du développement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

juillet 2009

Si le CNCD-11.11.11 a depuis toujours suivi avec attention la question du conflit israélo-palestinien, l’année 2008 a marqué pour lui un tournant dans l’étude de la région. Nous avons en effet décidé de faire du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord l’une des zones prioritaires de nos travaux de recherche et de plaidoyer, aux côtés de l’Afrique centrale et de l’Amérique latine. Deux constats expliquent cette décision : d’une part, le Partenariat euro-méditerranéen (PEM), cadre des relations de l’Union européenne avec la région, peine à se traduire en résultats concrets pour le développement ; d’autre part, la région est traversée par une série de conflits, en son sein ou à ses frontières, qui menacent le développement des pays concernés.

Ainsi, comme le met en évidence l’article de Rabab Khairy (p. 4), le PEM, lancé en grandes pompes en 1995, a rapidement fait face à ses limites, dans un contexte de nouvelle déstabilisation de la région, notamment avec le déclenchement de la seconde Intifada, en 2000, puis de la guerre entre Israël et le Liban, en 2006. Et si une partie des raisons de cet échec à dynamiser les relations entre l’Europe et ses voisins méridionaux est imputable au contexte propre à la région, l’incapacité de l’Union européenne à développer une politique cohérente vis-à-vis de ces mêmes voisins y joue un rôle que l’on ne peut pas non plus négliger. Ainsi, les droits de l’Homme font l’objet d’une clause particulière dans tous les accords signés par l’UE avec ses partenaires méditerranéens, mais l’Europe se montre incapable de se servir de cet outil pour y promouvoir une véritable évolution de la situation de la démocratie et des droits de l’Homme, comme le met en évidence Grégoire Théry (p. 7). Cette même incohérence se retrouve lorsque l’Union européenne décide d’accorder un statut privilégié à deux de ses partenaires dans la région, Israël et le Maroc, alors que ceux-ci font obstacle au droit à l’autodétermination des populations palestinienne et sahraouie, respectivement, et ce, en dépit de nombreuses résolutions des Nations Unies (cf. l’article de Nathalie Stanus, p. 10, et l’interview de Hilt Teuwen, p. 12).

Comment donc garantir le développement dans cette région marquée non seulement par de nombreuses atteintes aux droits de l’Homme, mais aussi par plusieurs conflits qui l’affectent soit en son sein, soit à sa périphérie ? Cette question se pose particulièrement dans le cas des Territoires palestiniens, où l’Union européenne, qui est pourtant le principal bailleur humanitaire et de développement, s’abstient de peser politiquement pour la résolution d’un conflit qui annihile tous les impacts potentiels de son aide massive (cf. l’article d’Anne Le More, p.14). Mais il n’est pas possible d’aborder la question du développement en situation de conflit sans parler de la guerre qui sévit dans deux pays voisins de la région, l’Irak (cf. l’article de Kasra Mofarah, p.19) et l’Afghanistan (cf. le compte-rendu du rapport d’Oxfam international, p.22). En effet, ces deux conflits ont des répercussions très importantes, non seulement sur la vie des civils mais aussi sur la stabilité de toute la région, voire au-delà.

Le partenariat euro-méditerranéen est intégré au sein de la Politique européenne de voisinage, qui inclut par ailleurs six voisins de l’ex-URSS dont on connaît l’importance, notamment en termes d’approvisionnement énergétique. Alors que l’Union européenne tourne de plus en plus ses regards vers ses voisins de l’Est, gageons qu’elle pourra garder un œil attentif à ses voisins méridionaux. Le lancement, en 2008, de l’Union pour la Méditerranée, à l’initiative du Président français Nicolas Sarkozy, était censé donner un nouvel élan au partenariat. Un an plus tard, malheureusement, force est de constater que ce nouveau projet se trouve toujours à l’état embryonnaire…

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