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Communiqué de presse

Les réseaux européens d’ONG appellent l’Union européenne à prendre en compte les revendications issues de la société civile lors du sixième round de négociations de l’Accord d’Association entre l’UE et l’Amérique centrale

A l’occasion du sixième round de négociations qui a lieu cette semaine à Bruxelles, les réseaux européens Aprodev, FIAN International, Amis de la Terre Europe, Cifca (dont est membre le CNCD-11.11.11), FIDH, Grupo Sur, CIDSE et Oxfam International ont répété, dans une lettre aux commissaires européens des affaires étrangères et du commerce, Benita Ferrero-Waldner et Catherine Asthon, leurs inquiétudes concernant l’orientation que prennent ces négociations.

Dans cette lettre, les réseaux rappellent que la crise économique est, entre autres, la conséquence des politiques de dérégulation menées par les pouvoirs publics dans le but de privilégier des intérêts privés. Jennifer Cornally, du réseau CIDSE, observe à cet égard : ‘Il est nécessaire de prendre en compte cette réalité dans le processus de négociations, ainsi que l’impact de la crise en Amérique centrale’.

Les organisations insistent auprès de l’Union européenne pour qu’elle prenne en compte les énormes asymétries entre les deux régions. Erik Van Mele d’Oxfam-International signale : ‘il faudra inclure aux négociations des formules et des mécanismes qui permettent un « traitement spécial et différencié » au bénéfice de la population des pays d’Amérique centrale’.

Elles attirent aussi l’attention de la Commission européenne sur le fait que les négociateurs ne disposent toujours pas du rapport de l’étude d’impact social et environnemental promise. Pour Annelies Anderson d’Aprodev, ‘il existe une contradiction entre le discours de l’Union européenne en matière de développement durable et sa précipitation pour conclure les négociations’.

Les réseaux regrettent l’absence d’un mécanisme de participation de la société civile dans le processus de négociations. ‘Nous insistons sur la nécessité d’un mécanisme birégional, inclusif et ouvert’, affirme Lizette Robleto de Cifca. Elle attire en outre l’attention sur ’l’organisation impérative d’un forum birégional où les représentants de la société civile des deux régions pourront dialoguer avec les négociateurs avant la conclusion des accords’.

Pour Souhayr Belhassen de la FIDH, l’accord devrait ‘promouvoir le respect des droits humains et prévoir des mécanismes transparents et participatifs qui contribuent à leur exigibilité’. Les organisations affirment dans leur lettre aux autorités européennes ‘qu’elles sont perplexes devant le refus du Salvador, du Guatemala et du Nicaragua de reconnaître la Cour Pénale Internationale’.

Charly Poppe, des Amis de la Terre - Europe, souligne le besoin de ‘conclure des accords vérifiables et responsables sur la protection de l’environnement’. Il ajoute : ‘l’accord ne pourra pas renforcer un modèle de développement qui épuise les sources de vie’.

Les organisations de la société civile avertissent la Commission européenne ‘qu’elles ne pourront pas accepter que les négociations débouchent sur un simple traité de libre-échange qui bénéficie à une partie au détriment de l’autre’, comme le formule Lourdes Castro, du Grupo Sur.

Les droits humains d’abord !



Disciplinons les multinationales, refusons une justice qui les privilégie.
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