Après une carrière de journaliste, Martine Vandemeulebroucke a choisi la voie de l’engagement. Volontaire au CNCD-11.11.11, elle se mobilise non seulement lors de l’Opération 11.11.11, mais aussi tout au long de l’année, particulièrement en faveur de la justice migratoire
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D’où vient votre engagement pour la solidarité internationale ?
Je suis tombée dans la marmite de la politique quand j’étais petite ! Comme journaliste au Soir, j’ai été responsable des questions migratoires pendant 30 ans. Lorsque Théo Francken [alors secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration en 2018] a tenté de mettre en place les visites domiciliaires, ça a été la première accroche de mon engagement militant. Un engagement devenu possible après ma carrière de journaliste, qui impliquait un stricte devoir de neutralité.
Quelle forme prend cet engagement au CNCD-11.11.11 ?
Pour contrer les visites domiciliaires, je me suis impliquée dans la campagne des « communes hospitalières » lancée par le CNCD-11.11.11. J’avais besoin d’expliquer, de convaincre. Dans ma commune de Grez-Doiceau, dans le Brabant wallon, une motion contre ces visites domiciliaires a été votée et, un collectif citoyen s’est mis en place pour organiser l’accueil d’une famille afghane.
Mon engagement passe aussi par le chant puisque j’ai rejoint la chorale brabançonne des Millichoeurs. Rassemblées lors de manifestations, ces chorales militantes me fascinaient ! J’ai finalement sauté le pas et y ai retrouvé des personnes que j’avais déjà croisées dans au cours de ma vie. Militer en chantant – notamment sur la migration – s’inscrit dans la continuité de mon engagement.
Enfin, l’an passé, j’ai participé pour la première fois à l’Opération 11.11.11, l’année dernière. Toujours avec cette envie d’expliquer et de transmettre. J’ai été agréablement surprise par l’intérêt et l’ouverture des gens.
Pourquoi l’engagement est-il aujourd’hui si important ?
Alors que l’on observe un basculement du monde - notamment dans la société belge -, que le mouvement environnementaliste est en perte de vitesse, il est d’autant plus important d’agir, pour contrer ce mouvement vers les droites extrêmes. Et je vois, ici et lorsque je voyage, des gens qui se mobilisent. Ce sentiment de faire groupe est une source de motivation et un antidote au découragement. Mon moteur, c’est aussi la colère. Pas dirigée contre les autres ; mais contre un système, contre le fonctionnement de la société. Ou peut-être de manière plus juste : l’indignation, qui m’a toujours poussée à l’action et me permet d’éviter le désespoir.
Qu’est-ce que votre engagement vous apporte ?
Pour les communes hospitalières, c’est sa dimension politique. La chorale, c’est encore autre chose. Chanter me procure du plaisir. Quand, en communion avec les uns avec les autres, on chante pour Gaza ou contre les féminicides, c’est beau. On transmet de l’émotion au-delà de tout intellect. Parce que c’est aussi d’émotions dont il s’agit.