×

Politique européenne

Migrations : la présidence belge du processus de Rabat doit entendre l’appel des États africains

28 avril 2017

Ce 2 et 3 mai 2017, des hauts fonctionnaires européens et africains se réuniront à Bruxelles. Ils doivent faire avancer le dialogue entre l’Union européenne et l’Union africaine sur la migration et le développement, appelé le « Processus de Rabat ». Depuis le début de ce mois d’avril, la Belgique en assure la présidence, pour un an. Elle a l’occasion de donner une nouvelle impulsion à ce dialogue, actuellement dans l’impasse. Pour le CNCD-11.11.11, la présidence belge doit entendre l’appel des pays africains : la coopération au développement a pour but d’atteindre les Objectifs de développement durable, pas de poursuivre une illusoire limitation des migrations.

Le climat entre les deux continents est tendu. Les attentes ne sont pas les mêmes. L’Union Africaine veut agir sur les causes structurelles du mal développement, à l’origine des migrations non désirées. Elle veut aussi renforcer les voies légales de migrations comme vecteur de développement. Les Européens, quant à eux, cherchent à faciliter les retours vers le continent africain et demandent aux pays tiers de bloquer un maximum les départs. C’est ce qu’on appelle « l’externalisation des frontières ».

Pour mettre en œuvre cette stratégie d’externalisation, l’Union européenne négocie des pactes migratoires avec cinq pays africains (Niger, Sénégal, Mali, Nigeria, Éthiopie).

Au niveau belge, des tensions se font ressentir également. Le ministère de la Coopération au Développement refuse d’instrumentaliser l’Aide publique au développement (APD) pour limiter les migrations. A l’inverse, le ministère de l’Intérieur et le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration considèrent l’APD comme un véritable outil de chantage permettant de limiter les départs et d’augmenter les retours des personnes migrantes.

Pour le CNCD-11.11.11 et ses partenaires, il est urgent de changer de politique. La gestion actuelle des migrations a montré ses limites, comme en témoigne le nombre record de décès en Méditerranée en 2016. Il est temps d’avancer vers une « justice migratoire » basée non pas sur des pactes migratoires inefficaces et dont ne veulent pas les pays africains, mais sur de véritables partenariats de développement et sur le renforcement de voies d’accès sûres et légales vers le territoire européen.

Les membres de la campagne « Justice migratoire » refusent fermement l’instrumentalisation de l’Aide publique au développement. Son unique finalité doit rester la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) et l’éradication des inégalités mondiales.

Lire aussi

Eurafrique : la menace migratoire imaginaire

Eurafrique : la menace migratoire imaginaire

La menace d’une ruée migratoire africaine vers l’Europe est un mythe. La fermeture des frontières et la fin de l’aide au développement réclamées par les adeptes du repli national-populiste sont des solutions contre-productives. Ce dont l’Europe a besoin (...)


  • Arnaud Zacharie

    4 mars 2019
  • Lire

Inscrivez-vous à notre Newsletter