Plus de 75 000 Palestiniens. Affamés. Pris pour cible. Tués. Jusqu’à quand, Premier ministre De Wever ?

Ce mercredi 2 septembre, les ONG et syndicats belges ont dénoncé l’inaction du gouvernement fédéral, qui tarde à mettre en œuvre son propre accord sur Gaza, un an jour pour jour après qu’il a été conclu.

Les ONG et syndicats ont déployé ce mercredi matin une banderole de 25 mètres de long sur le Mont des Arts, à Bruxelles, portant un message sans détour : « Plus de 75 000 Palestiniens. Affamés. Pris pour cible. Tués. Toujours pas de véritables sanctions. Jusqu’à quand, Premier ministre De Wever ? » Cette action intervient exactement un an après la conclusion de l’accord sur Gaza par le gouvernement fédéral, un accord qui n’a toujours pas été mis en œuvre de façon satisfaisante.

L’accord politique dans une impasse

Sous la pression de plus d’une centaine de milliers de Belges descendus dans la rue pendant des mois, le gouvernement fédéral est parvenu, en septembre 2025, à un accord sur Gaza. Un an plus tard, ce qui frappe surtout, c’est l’ampleur du combat politique nécessaire pour que le gouvernement applique son propre accord.

« Il y a quelques mois, nous adressions déjà au gouvernement un bulletin de notes sévère sur le respect de ses propres engagements. Un an jour pour jour après l’accord, le compte n’y est toujours pas. C’est indigne de la Belgique, qui n’est pas capable d’honorer ses obligations en vertu du droit international », dénonce Marwan Hobeika, chargé de recherche sur le Moyen-Orient au CNCD-11.11.11, au nom des organisations.

Plus de 75 000 Palestiniens. Affamés. Pris pour cible. Tués. Jusqu'à quand, Premier ministre De Wever ? #Action #Palestine @Bruxelles #LigneRouge
Plus de 75 000 Palestiniens. Affamés. Pris pour cible. Tués. Jusqu’à quand, Premier ministre De Wever ? #Action #Palestine @Bruxelles #LigneRouge
© Tineke d’Haese, Oxfam Belgium

Le génocide se poursuit à Gaza, la colonisation s’étend en Cisjordanie

Pendant ce temps, la réalité sur le terrain ne fait qu’empirer. En juin 2026, une commission d’enquête indépendante instaurée par les Nations Unies a averti que le génocide à Gaza se poursuivait sans relâche. En Cisjordanie, les colons, soutenus par l’État, sèment la terreur à une échelle sans précédent. Le gouvernement israélien poursuit quant à lui l’expansion de la colonisation dans le bloc E1, qui coupe la Cisjordanie de Jérusalem, portant un coup fatal à un futur État palestinien. L’objectif poursuivi, bien antérieur au 7 octobre, est clair : annexer autant de terres palestiniennes que possible, avec le moins de Palestiniens possible dessus.

Depuis un an, les mesures censées exercer une pression sur le gouvernement israélien sont reportées, vidées de leur substance ou tout simplement non appliquées.

C’est pourquoi, aujourd’hui, la société civile a tracé une ligne rouge nette lors d’une action ayant bénéficié d’un large soutien. Dans les prochains jours, la banderole apparaîtra dans de nombreux lieux publics à travers le pays.

Les organisations ayant porté la campagne « Ligne rouge » exigent que le gouvernement mette immédiatement en œuvre son propre accord et aille plus loin encore, en lui adressant une série de revendications concrètes et urgentes.

Cinq revendications urgentes adressées au gouvernement :
  1. Mettre en œuvre immédiatement l’intégralité de l’accord de septembre 2025, y compris l’instauration d’une interdiction globale et effective de tout commerce avec les colonies israéliennes, ainsi que la reconnaissance de l’État palestinien.
  2. Instaurer une interdiction nationale des investissements qui contribuent au maintien de l’occupation, en exécution de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (19 juillet 2024).
  3. Créer un mécanisme belge de sanctions permettant d’adopter des sanctions (interdictions d’entrée sur le territoire, interdiction des transactions financières, gel des avoirs) à l’égard des individus et entités impliqués dans de graves violations des droits humains dans le territoire palestinien occupé.
  4. Instaurer un moratoire sur l’achat de matériel militaire israélien par la Défense.
  5. Exclure des marchés publics et des achats publics les entreprises impliquées dans de graves violations du droit international dans le territoire palestinien occupé.