Pour l'accord UE-Mercosur, c'est toujours STOP !
La mobilisation se poursuit alors que la Commission européenne s'apprête à adopter le texte ce mercredi
Alors que le processus de ratification de l’accord UE-Mercosur est lancé cette semaine par la Commission européenne, ONG, organisations agricoles et associations mènent une action ce jeudi 4 septembre à Bruxelles pour dénoncer un accord toxique pour l’agriculture, la santé, l’environnement, les droits sociaux et les droits humains.
Après avoir finalisé le volet commercial de son accord d’association avec quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), la Commission européenne s’apprête désormais à adopter le texte ce mercredi 3 septembre avant de le soumettre au vote du Conseil de l’Union européenne, puis au Parlement européen. La Belgique n’a pas encore arrêté de position officielle mais devrait s’abstenir du fait des divergences de vue entre la Région flamande (favorable à l’accord) et wallonne (défavorable).
Cet accord inquiète de nombreux acteurs dans le Mercosur, mais aussi en Belgique et en Europe.« Il vise surtout à favoriser les industries exportatrices européennes (automobiles, produits chimiques et pharmaceutiques) et le secteur agroalimentaire du Mercosur au détriment des agriculteurs et agricultrices de petite et moyenne échelle en Europe et en Amérique latine ainsi que des industries du Mercosur, explique Sophie Wintgens Sophie Wintgens , chargée de recherche sur le Commerce pour le CNCD-11.11.11. En l’absence de mécanisme de plainte et de sanction permettant de rendre contraignant le chapitre sur le développement durable, ce traité ne comporte aucun garde-fou suffisant pour limiter les impacts sociaux, environnementaux et sanitaires liés à sa mise en œuvre », complète Sophie Wintgens.
Vers une disparition des fermes à taille humaine au profit de l’agrobusiness
Le traité UE-Mercosur
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Accord UE-Mercosur
l’accord d’association entre l’UE et le Mercosur
traité de commerce entre l’Union européenne et les pays du Mercosur
prévoit d’ouvrir les marchés européens à d’importantes quantités de viande bovine et de volailles produites dans le Mercosur selon des normes sociales, environnementales et de bien-être animal bien plus faibles qu’en Europe (usage massif de pesticides, OGM, hormones). « D’une part, ce traité amoindrit la qualité de l’assiette des consommateur·rices européen·nes. D’autre part, c’est de la concurrence déloyale qui a pour effet d’augmenter la pression sur les prix », déplore Ernest Vander Linden au nom du Réseau de soutien à l’agriculture paysanne. Et de rappeler les colères agricoles du début d’année 2024 dont les revendications pour des prix justes sont restées lettre morte. « Conjugué à une baisse attendue des subsides de la Politique agricole commune
Politique agricole commune
La Politique agricole commune (PAC) vise à assurer une politique agricole commune aux pays de l’Union européenne. Elle a d’abord consisté à garantir la sécurité alimentaire et les revenus des agriculteurs en Europe, puis a été réformée à plusieurs reprises à partir des années 1990 pour respecter les accords de l’OMC.
(PAC), le traité avec le Mercosur va accélérer davantage la disparition des fermes à taille humaine au profit de l’agrobusiness », estime encore Ernest Vander Linden.
C’est pourquoi près de cinquante organisations de la société civile, les organisations agricoles (FUGEA, FWA, FJA, MIG, ECVC...), syndicats, mutuelles et associations se réuniront ce jeudi 4 septembre à 17h sur la Place de Luxembourg, devant le Parlement européen. Elles s’opposeront, ensemble, à un accord qui met en péril les revenus agricoles, le climat, les droits des travailleurs, la santé des consommateurs et la biodiversité.
Lors de cette action, les représentants des différents secteurs uniront leurs forces « pour mettre à terre » visuellement le traité UE-Mercosur, incarné par un bonhomme en paille géant.
Cette mobilisation en front commun s’inscrit à la suite des diverses mobilisations organisées contre le traité UE-Mercosur comme le 24 juin dernier quand des centaines de citoyen·nes, en ligne ou rassemblé·es lor d’actions, ont dit STOP UE-Mercosur et en continuité de l’appel porté par les organisations paysannes et agricoles européennes de tous bords contre cet accord. Le message est clair : nous refusons un commerce qui piétine l’environnement, les droits humains, notre souveraineté alimentaire Souveraineté alimentaire et qui favorise le dumping social. Stopper l’accord UE-Mercosur est le premier pas vers des accords commerciaux et des systèmes alimentaires justes et durables.
L’interpellation des député·es européen·nes se poursuit
Parallèlement à l’action qui se déroulera ce jeudi 4 septembre à la Place du Luxembourg, les citoyen·nes sont appelé·es à continuer à interpeller les eurodéputé·es belges afin qu’ils et elles prennent prosition contre l’accord de libre échange UE-Mercosur lorsque le texte proposé par la Commission européenne arrivera sur leur bureau.




