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Quand le communautaire s’invite à la table du climat

Arnaud Zacharie Arnaud Zacharie
20 décembre 2012

Le climat fait partie des enjeux globaux qui ne connaissent pas les frontières. C’est d’ailleurs une des principales difficultés pour trouver un accord ambitieux à cette échelle, entre 193 Etats membres des Nations unies. Mais vu de Belgique, l’enjeu semble encore plus complexe puisqu’il se retrouve pollué par les divergences communautaires.

A Doha, en décembre dernier, les pays industrialisés devaient faire le bilan du respect de leurs engagements en matière de financement de l’adaptation aux changements climatiques dans les pays pauvres. En 2009, à Copenhague, les gouvernements s’étaient engagés à deux choses : d’une part, créer en 2020 un Fonds vert pour l’adaptation aux changements climatiques financé à hauteur de 100 milliards de dollars ; d’autre part, financer entre 2010 et 2012 une initiative « fast start » à hauteur de 30 milliards de dollars pour initier un processus devant mener au Fonds définitif en 2020.

Le sommet de Doha était donc l’occasion de faire le bilan des engagements en faveur de l’initiative « fast start », à laquelle la Belgique s’était engagée à participer à hauteur de 150 millions d’euros, et d’annoncer les nouveaux engagements pour la période 2013-2015. C’est à ce niveau que les problèmes communautaires se sont invités à la table des négociations à Doha. En effet, la Belgique n’avait mobilisé que moins de 100 millions d’euros sur les 150 promis. Pourquoi ? « La faute aux régions qui n’ont quasi rien donné  », selon le gouvernement fédéral. Ce à quoi les régions ont répondu : « La faute au fédéral, qui a pris l’engagement au nom de la Belgique, par la voix du premier ministre de l’époque, Yves Leterme, et qui doit donc assumer ses propres promesses  ».

les pays pauvres devront choisir entre construire une digue ou une école

Résultat : non seulement la Belgique a été incapable d’annoncer avoir respecté son (modeste) engagement, mais en outre, l’incapacité de s’accorder pour la période 2010-2012 a rendu impossible un accord pour un engagement sur la période 2013-2015.

Pourtant, les sommes octroyées par les différents Etats membres n’ont pas été très ambitieuses. Non seulement nombre de financements ont été accordés sous forme de prêts, et non de dons, mais en outre, la majorité de ces financements n’a pas été additionnelle à l’aide et a donc été financée sur le budget de la coopération au développement. En clair, les pays pauvres devront choisir entre construire une digue ou une école, comme l’a déploré le porte-parole de la délégation africaine à Doha.

Source : édito de demain le monde, n°17, janvier-février 2013.

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