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Qui a dit que l’aide au développement ne fonctionne pas ?

18 décembre 2017

« L’aide au développement, ça ne fonctionne pas ». Qui n’a pas déjà entendu cette antienne ? Qui ne l’a jamais pensé en voyant encore l’ampleur des drames humanitaires qui se jouent encore dans le monde ? Pourtant les études montrent que l’aide fonctionne.

Si l’aide publique au développement n’est pas la panacée, elle a démontré son efficacité pour soutenir le développement économique et social dans les pays pauvres. L’étude d’impact réalisée par les chercheurs de l’Université des Nations Unies sur la période 1970-2007 démontre qu’un flux moyen annuel de 25 dollars d’aide par habitant a permis de réduire la pauvreté de 6,5% et d’accroître les investissements de 1,5%, le taux de croissance du PIB de 0,5%, l’espérance de vie de 1,3 ans et le taux moyen de scolarisation de 0,4 an dans les pays en développement bénéficiaires.
Selon d’autres statistiques, publiées par l’ONU au moment du bilan des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (c’est-à-dire avec moins de 1,25 dollars par jour) a diminué de plus de moitié entre 1990 et 2015, passant de 1,9 milliard à 836 millions – soit 14% de la population des pays en développement, contre près de la moitié en 1990.

Dans le même temps, le nombre de personnes faisant partie des classes moyennes (avec un revenu de plus de 4 dollars quotidiens) a presque triplé entre 1991 et 2015, représentant désormais la moitié de la population active dans les pays en développement, contre seulement 18% en 1991.

La Chine explique une part importante de ce résultat : il n’y a plus aujourd’hui qu’un Chinois sur dix qui vit dans l’extrême pauvreté, contre neuf sur dix en 1980. Toutefois, bien qu’à des degrés divers, toutes les régions en développement ont enregistré une baisse de l’extrême pauvreté depuis le début du 21e siècle. En effet, l’extrême pauvreté a également baissé en Afrique subsaharienne, la région où la proportion de l’extrême pauvreté est la plus élevée : 41% de la population vivaient dans l’extrême pauvreté en 2015, contre 57% en 1990. C’est certes nettement insuffisant, mais la tendance n’en est pas moins positive.

D’importants progrès ont par ailleurs été enregistrés en matière de santé et d’éducation : entre 2000 et 2015, le taux de mortalité causée par le paludisme a baissé de 60% et le nombre d’enfants n’ayant pas accès à l’école primaire a diminué de près de moitié, tandis que l’espérance de vie en Afrique a augmenté de près de dix ans pour atteindre 60 ans en moyenne.

A une époque où la coopération au développement fait face à certaines critiques, il est paradoxal de constater qu’elles surviennent à une époque où les politiques de développement enregistrent leurs résultats les plus probants. Surtout que l’aide au développement est un instrument unique pour intervenir dans des contextes risqués, où le secteur privé ne s’aventure pas, pour répondre aux défis de la reconstruction des Etats fragiles ou post-conflits, du financement de l’adaptation au changement climatique ou de l’éradication des grandes pandémies.

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