OCDE : aide mondiale et européenne en baisse, mais aide belge en hausse en 2024
La Belgique doit tenir le cap de la solidarité internationale et renoncer aux coupes annoncées
Ce mercredi 16 avril, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publie les nouveaux chiffres de l’aide au développement au niveau international. Pour la première fois en 6 ans, cette aide a diminué en 2024, laissant présager une tendance au repli sur soi des grands donateurs pour les années à venir. De son côté pourtant, la Belgique a vu son aide augmenter de 12%. Le CNCD-11.11.11 appelle le gouvernement Arizona, qui a décidé de couper 25% du budget de la Coopération belge durant cette législature, à corriger le tir et à continuer d’investir dans la coopération au développement : un outil qui a permis de réduire la pauvreté et qui contribue chaque jour à un monde plus stable et juste.
L’aide internationale tend vers le repli sur soi
Selon les nouvelles statistiques publiées par l’OCDE ce mercredi16 avril, l’aide internationale a diminué pour la première fois après 5 années consécutives d’augmentation. Son niveau record obtenu en 2023 a diminué de 7% pour ne représenter que 212 milliards USD en 2024, soit 0,33% du revenu national brut cumulé des pays donateurs. Les cinq pays qui donnent le plus en aide au développement restent les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume Uni, le Japon et la France.
Au niveau européen en particulier, les pays donateurs membres de l’Union européenne ont vu leur aide au développement diminuer de plus de 8%. Plusieurs poids lourds historiques de la solidarité internationale voient leurs contributions stagner (France, Luxembourg) ou diminuer (-17% pour l’Allemagne, -13% pour la Suède, -3% pour les Pays-Bas). Seuls quatre pays (Danemark, Luxembourg, Norvège, Suède) ont respecté l’engagement international de consacrer 0,7% de leur revenu national brut à l’aide au développement - engagement adopté aux Nations Unies il y a plus de 50 ans et répété dans l’Agenda 2030 Agenda 2030 pour le développement durable.
Cette tendance ne va que se renforcer durant l’année 2025, vu les annonces récentes de coupes budgétaires dans la coopération au développement, que ce soit en Allemagne, en France, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas. N’oublions pas le cas particulier des Etats-Unis, où les coupes drastiques et immédiates annoncées début 2025 dans les programmes de l’agence USAID ont déjà coûté de nombreuses vies humaines.
Outre ces réductions budgétaires générales, les nouveaux chiffres publiés par l’OCDE montrent que l’aide au développement bilatérale allouée aux pays dits “les moins avancés” (pays dont les indices de développement sont les plus faibles au monde) a elle aussi diminué, de 3% par rapport à 2023. De même, l’aide au développement bilatérale allouée au continent africain a quant à elle diminué de 1% par rapport à 2023.
L’aide belge en hausse... avant des coupes sombres ?
Contrairement à la tendance générale, l’aide au développement allouée par la Belgique a augmenté de 12% en 2024, pour se situer à 3,2 milliards USD. Elle passe ainsi de 0,44% à 0,48% du revenu national brut, et se retrouve au-dessus de la moyenne européenne, qui se situe à 0,47%, après plusieurs années sous cette moyenne.
Certes, cette augmentation est en grande partie due à une provision additionnelle allouée spécifiquement à l’Ukraine, ainsi qu’à la hausse des frais d’accueil pour les réfugiés sur le territoire belge (qui peuvent être comptabilisés comme de l’aide au développement selon les règles de l’OCDE). Ces frais d’accueil représentaient ainsi près de 15% de l’aide belge au développement en 2024.
Il n’en reste pas moins que l’aide au développement de la Belgique a connu une augmentation durant la législature Vivaldi - passant de 0,41% du RNB en 2019 à 0,48% en 2024. Cela sans comptabiliser en aide au développement les frais d’accueil de réfugiés ukrainiens – évitant ainsi de gonfler cette aide de manière superficielle comme l’ont fait de nombreux pays donateurs.
La Belgique doit garder le cap de la solidarité internationale
Dans un monde de plus en plus instable et inégalitaire, le nouveau gouvernement Arizona devrait garder le cap de la solidarité internationale, en tant que pilier de toute approche visant à réduire les inégalités mondiales et à renforcer la stabilité et la sécurité. Or le nouveau gouvernement a déjà fait savoir qu’il voulait couper 25% du budget de la Coopération belge au développement. Un tel choix n’est pas anodin : il aura des conséquences réelles sur la vie et le bien-être de millions de personnes dans les pays à faible revenu. En outre, il ne pourra produire que davantage de conflits, d’inégalités et de migrations
justice migratoire
migrations
forcées.
Selon le Secrétaire général du CNCD-11.11.11, Arnaud Zacharie Arnaud Zacharie , « Il faut corriger le tir et au contraire augmenter le budget de la coopération au développement, pour atteindre l’objectif de 0,7% du RNB en 2030, tel que les pays donateurs se sont engagés à le faire. Dans un monde interdépendant, la résolution des enjeux mondiaux est impossible sans solidarité internationale ».



