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Recommandations aux autorités belges pour soutenir les populations congolaises dans la reconstruction de leur pays par la participation citoyenne & la bonne gouvernance

5 juillet 2010

Concevoir ensemble un nouveau partenariat belgo-congolais plus
efficace en faveur de l’essor socioéconomique durable de la RDCongo

Le 30 juin 1960, le Congo devenait officiellement indépendant après avoir subi le règne de Léopold II (de 1885 à 1908) et la colonisation par l’Etat belge (de 1908 à 1960).

Le 30 juin 2010, la République démocratique du Congo célèbre les 50 ans de son indépendance. Dans les faits, la RDCongo ne décide toujours pas librement de sa propre politique économique et sociale puisqu’elle reste soumise aux nombreuses ingérences étrangères visant l’accaparement de ses énormes ressources naturelles (cuivre, cobalt, coltan, or, argent, diamant, bois, uranium, pétrole et gaz). Le pillage actuel des ressources naturelles de la RDCongo par les entreprises belges et étrangères, qui fut autrefois le moteur
de la colonisation, doit cesser. Aujourd’hui, il est à la fois un obstacle au développement de la RDCongo mais également la cause principale des conflits armés et des crimes dont les femmes congolaises sont les premières victimes. La dépendance de la RDCongo sur les plans alimentaire, financier (avec le poids de la dette) ou militaire, l’insécurité permanente et la lenteur du processus de décentralisation entravent son développement.

Les 50 ans de coopération pour le développement de la RDCongo n’ont pas amené le pays vers l’autonomie ni les populations vers le mieux-être. La RDCongo est classée parmi les « Pays Pauvres les Plus Endettés » alors qu’elle dispose des ressources tant naturelles qu’humaines colossales pour bâtir un pays prospère.

Les fondements de ce paradoxe consistent en quatre pièges dans lesquels la RDCongo s’est enfermée :

  • les guerres récurrentes ;
  • la dépendance aux matières premières ;
  • l’endettement ;
  • la faiblesse institutionnelle, caractérisée par une insécurité juridique,
    économique et physique qui décourage les opportunités d’investissements.

La relance de l’essor socioéconomique de la RDCongo impose de briser cette spirale infernale.

Nos recommandations sont adressées au gouvernement belge. Elles entendent alimenter la réflexion et orienter les stratégies de la coopération belgocongolaise, afin d’améliorer les conditions d’existence des Congolaises et Congolais, dans une démarche de développement durable et capable de conduire le pays vers la prospérité et le respect de tous. Dans ce cadre, la poursuite du processus électoral est d’une importance capitale. Nous
rappelons également la promesse formulée par la Belgique en 2001 de créer et financer une Fondation Patrice Lumumba dans le but d’aider au
développement démocratique du Congo.

C’est pourquoi, à cette occasion, la société civile, les ONG et les associations, et en particulier celles de la diaspora congolaise de Belgique, adressent les présentes recommandations au Gouvernement belge.

La société civile congolaise, représentée par la Synergie 50, et la société civile belge, représentée par Synergie Chacha, ont mené durant plusieurs mois une réflexion collective et croisée afin de faire des propositions pour un nouveau partenariat belgo-congolais.

Nos recommandations sont articulées autour de 4 thèmes :

  • Paix totale et durable en RDCongo, justice et lutte contre l’impunité et les violences sexuelles.
  • Annulation de la dette de la RDCongo et ressources naturelles.
  • Construction d’un Etat de droit, notamment par les élections.
  • Développement : agriculture, sécurité alimentaire, eau, éducation, santé & droits reproductifs et sexuels.

À travers ces sujets, plusieurs thématiques transversales seront traitées :

  • le genre ;
  • la ruralité ;
  • le regard des jeunes ;
  • le partenariat belgo-congolais.

Le présent document intègre les résultats de nombreux échanges en Belgique, enrichis par un travail similaire mené en RDCongo et par des ateliers de travail tenus les 28 et 29 mai à Bruxelles. Ces ateliers ont réuni plus de 150 personnes, en la présence de quatre représentants de la Synergie 50 en RDCongo :

  • Annie Matundu Mbambi, de WILPF et CAFCO
  • Jean Marie Bolika Lokoumbo, du Réseau National des Ressources
    Naturelles
  • Guy Mudumbula du CRONG Kinshasa
  • Danny Singoma du Réseau PRODDES

Ces ateliers se sont clôturés par des prises de parole du Directeur de Cabinet du Ministre belge de la coopération et d’Isabelle Durant, vice-présidente du Parlement européen et par une table-ronde d’interpellation politique, dans le contexte des élections belges. Cette table-ronde a réuni Sarah Turine (ECOLO), Georges Dallemagne (CdH), Philippe Mahoux (PS) et Didier Gosuin (MR).

Durant les ateliers, des activités culturelles (expositions et musique) ont été proposées. En outre, le 28 mai, une journée d’animation a été organisée avec plus de 200 jeunes de l’Athénée Royal d’Ixelles et leurs enseignants, qui ont été sensibilisés et se sont exprimés sur les thèmes de l’éducation et du statut des femmes en RDCongo. L’Ambassadeur de la RDCongo et la représentante de la Ministre de l’enseignement ont répondu aux questions des jeunes.

Le présent document de recommandations est remis aux autorités belges pour le 30 juin. Un plan d’action avec des échéances sera mis au point pour mobiliser et maintenir la pression auprès des nouvelles et nouveaux élu(e)s et du futur gouvernement belge, dans la cadre de la présidence belge de l’Union Européenne.

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