Réforme de la dette : l’Union européenne fait barrage aux pays du Sud
L’Union européenne tente de supprimer des propositions clés pour une réforme multilatérale de la dette.
Alors que les négociations en vue de la Conférence de l’ONU sur le financement du développement (#FfD4) entrent dans leur phase finale, l’Union européenne, aux côtés du Royaume-Uni, bloquent un paragraphe clé du document final, qui aurait permis de lancer un processus intergouvernemental pour une réforme multilatérale de la dette.
Ce paragraphe, soutenu par de nombreux pays du Sud – notamment le Groupe Afrique, les petits États insulaires, le Pakistan et le Brésil – propose d’initier des discussions formelles sous l’égide de l’ONU afin de combler les lacunes du système actuel et d’instaurer des règles équitables pour la résolution des crises de la dette.
« Ces réformes pourraient libérer des milliards pour financer la santé, l’éducation et la lutte contre la crise climatique dans les pays du Sud. Aujourd’hui, 48 des pays les plus pauvres consacrent davantage de ressources au paiement des intérêts de leur dette qu’aux services essentiels, ce qui affecte directement 3,3 milliards de personnes, déclare Arnaud Zacharie Arnaud Zacharie , Secrétaire général du CNCD-11.11.11. Plutôt que d’honorer ses engagements pour un monde juste et durable, l’Union européenne défend un système profondément inéquitable, taillé sur mesure pour les intérêts des plus puissants. »
Un texte final pourrait être adopté dès demain, le 17 juin — un coup dur pour le multilatéralisme, si l’UE réussit à diluer au maximum toute proposition de réforme de la dette.



