Face aux multiples ingérences étrangères, aux injustices et à l’insécurité, le peuple haïtien continue de résister. C’est le message principal délivré par Ricot Jean-Pierre. Le directeur de la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) dénonce un « système [qui] crée de la pauvreté, de l’exclusion, le patriarcat et le pillage des richesses pour favoriser les intérêts néocoloniaux impérialistes ». Dans ce système, la résistance est une condition de la liberté car elle permet de « construire collectivement des alternatives porteuses d’espérance », estime l’homme aux multiples casquettes d’activiste, économiste et travailleur social.
La résistance s’incarne notamment dans les luttes paysannes. « La résistance et les systèmes alimentaires durables sont les plumes d’un même oiseau, affirme-t-il. Un jardin paysan n’est pas juste un jardin : à travers lui, on pose la question de l’accès à la terre et à la propriété, au crédit, aux moyens de production ; on questionne le cadre global qui empêche la souveraineté alimentaire et la protection de la vie, dont le système agro-industriel ne se préoccupe pas. »
Résister par les systèmes alimentaires, voilà ce qu’il s’attache à faire avec la PAPDA. Ce réseau de mouvements sociaux, paysan·nes et centres de recherches a pour mission de « transformer le pays en profondeur » - que l’on parle de la question agraire ou de justice sociale et économique - par le plaidoyer politique, l’éducation populaire et la construction d’alternatives avec les communautés.
Malgré leur ancrage local, ces luttes sont « globales », dit-il. D’ailleurs, « Haïti et la Belgique ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre pour sortir de situations dans lesquelles l’humain est de moins en moins au centre des préoccupations ».