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Ruée sur les terres du Sénégal

21 novembre 2014

65 fois la Belgique, soit plus de 200 millions d’hectares. C’est la surface de terres accaparées entre 2000 et 2010 dans les pays du Sud. L’Afrique est la principale concernée et les populations locales, dépendantes de l’agriculture, en sont les principales victimes.

« Accaparements de terres », « acquisitions foncières à large échelle », « ruée mondiale sur les terres », … De quoi parle-t-on ? La plupart du temps, ces termes désignent le processus par lequel des investisseurs privés ou publics, étrangers ou nationaux acquièrent de vastes étendues de terres (généralement entre 10.000 et 500.000 ha, voire plus) par le biais de contrats de location, de concession ou d’achat. L’acquisition de terres devient accaparement, land grabbing en anglais, dès lors qu’elle viole les droits humains, qu’elle se déroule sans consultation des personnes concernées, sans véritable consentement et en secret.

Plusieurs facteurs structurels expliquent le phénomène comme la croissance démographique et sa pression sur les terres pour l’alimentation et le logement. Mais depuis 2007-2008, des facteurs conjoncturels viennent s’y ajouter : la crise financière qui a transformé les marchés alimentaire et foncier en valeurs refuges ; la hausse et la volatilité des prix alimentaires ou la crise énergétique et le développement des agrocarburants.

En Belgique, plusieurs associations dénoncent le rôle joué par le gouvernement, les banques et les entreprises belges dans la ruée mondiale sur les terres. Elles pointent également du doigt la politique de l’Union européenne qui recommande aux pays membres d’inclure 10% d’agrocarburants dans leurs besoins en énergie. Résultat : les multinationales se ruent sur les territoires et réserves foncières des pays du sud, pour y cultiver du jatropha et autres agrocarburants, sur des terres fertiles, utilisées par les paysans pour leurs cultures vivrières. Tout se passe avec la complicité des élus locaux, parfois sous la pression des plus hautes autorités du pays.

En octobre dernier, La RTBF et L’Avenir était au Sénégal dans les villages de Gade Ngomene et Mboro où s’est installée ICIS. Cette société sénégalaise à capitaux indiens a réquisitionné des hectares de terres cultivables. Non seulement les paysans ont perdu leur patrimoine, saisi par l’État sénégalais, mais en plus ils souffrent de la grave pollution générée par cette usine chimique.


Nous vous invitons également à découvrir ce récent reportage d’Olivier Bailly, illustré par les photos de Gaël Turine, dans une autre région du Sénégal. Source : MICmag.


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