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Sénégal : les femmes prennent la main

Emmanuel Huet Emmanuel Huet
21 janvier 2015

Un changement de mentalité est en cours au Sénégal. Les mères contribuent de plus en plus à la vie économique du ménage.

La femme sénégalaise est-elle en train de prendre une place dominante au sein de la structure familiale ? Pays musulman reposant sur une agriculture traditionnelle, le Sénégal avait, jusqu’à présent, concédé peu d’espace d’expression aux femmes.

Pourtant, dans les villages, l’heure est au changement. De même que dans les structures de l’État puisque la parité des sexes est désormais en vigueur depuis 2010 sur les listes électorales. En Belgique, il a fallu attendre les élections fédérales de 2003 pour que la parité des sexes s’impose sur les listes.

Au travers de projets humanitaires les menant à plus d’autonomie, on a pu constater la place prépondérante qu’elles prennent et revendiquent dans les ménages. « En renforçant les femmes, on peut leur permettre de mieux assurer ce qu’elles font dans leur maison », assure Fatou Ndoye, coordinatrice de l’ONG Enda Graf.

« Le changement par les femmes »

Plusieurs ONG soutenues par le CNCD 11 11 11 axent leur travail sur l’émergence de la femme au sein de la société sénégalaise et de la structure familiale. « Le changement va passer par les femmes. Les femmes sont au cœur de tout  », assure le sous-préfet de l’arrondissement de Fattick, non loin de Dakar.

Et concrètement, sur le terrain, les femmes s’organisent en travaillant, en obtenant un salaire. Parfois plus important que celui de leur mari. Ce changement concret doit aussi s’accompagner d’un changement de mentalité.

Aujourd’hui, les femmes sénégalaises sont actives dans des coopératives agricoles : elles transforment les produits, les stockent, les vendent. Elles organisent des potagers communautaires qui leur permettent de vivre mieux, de nourrir leur famille en suffisance et de dégager un revenu. On les retrouve à proximité des ports où elles transforment les produits de la pêche. « Quand les femmes génèrent des revenus, elles ont à cœur de prendre en charge certaines dépenses du ménage. Comme celles liées à l’éducation des enfants », analyse Sogy dont l’ONG soutient la promotion de la femme.

Un rôle clé dans les villages

Dans un village proche de Kaolack, un groupe de femmes est à la tête d’une banque céréalière. C’est là que le maïs et le mil récoltés par les villageois y sont entreposés. Cette saine gestion a permis au village de ne plus manquer de nourriture et de pouvoir en acheter en cas de pénurie.

Le succès de leur banque céréalière et l’investissement de chacun des coopérateurs ont permis de créer un fonds rotatif pour appuyer financièrement des projets individuels. « Avant, il y avait des problèmes de disette. Au mois d’août, on n’avait plus de mil. Cette situation avait créé des tensions dans les familles car les maris voulaient nourrir leur famille. »

Le regard que porte leur mari a aussi évolué. Même si une période de transition fut nécessaire. « Maintenant, les femmes sont plus appréciées par leur mari car elles ont plus de responsabilité. Au début, c’était plus compliqué car les femmes rentraient plus tard car elles travaillaient. » Avec tout ce qu’elles apportent aujourd’hui, elles ont gagné en respect et pèsent de plus en plus dans la société sénégalaise.

Source : reportage réalisé en octobre 2014 et publié le 7 novembre 2014 par © l’avenir.net

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