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Sept pays ACP sous pressions européennes !

Gérard Karlshausen Gérard Karlshausen
23 avril 2013

Fin 2007, 17 pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) acceptent de signer avec l’Union européenne des accords de partenariat économique. Ceux-ci sont dits intérimaires, car devant ensuite se fondre dans des accords régionaux. Cette signature hâtive et (déjà) sous la pression de la Commission qui menace de retirer à certains leur accès préférentiel au marché européen, scelle des accords contestables et rapidement contestés car contraires aux intérêts de développement des pays concernés. Pas étonnant donc que depuis lors, les pays en question traînent la jambe pour ratifier ces textes et pour les mettre en œuvre.

Mais tout cela est fini ! Ce mardi 16 avril, en deuxième lecture après négociations avec la Commission et les Etats membres, le Parlement européen a adopté un texte obligeant 7 des pays concernés (les 10 autres étant des pays « moins avancés » protégés par d’autres dispositions) à mettre en œuvre leurs APE pour le 1er octobre 2014, sous peine, une nouvelle fois, de perdre leur accès préférentiel au marché.

De nombreuses ONG dont le CNCD-11 11 11 et son groupe « Cotonou » s’étaient associées aux réseaux européens et africains demandant que le délai soit au-moins reporté au 1er janvier 2016 pour donner une chance à des négociations permettant de déboucher sur des accords (par exemple régionaux) plus satisfaisants pour le développement. Des députés verts et socialistes avaient soutenu un amendement en ce sens qui, hélas, fut repoussé.

Les 7 pays concernés se verront donc dans l’obligation de mettre en œuvre ces accords dont plusieurs aspects vont à l’encontre de leur développement. Ou de stimuler d’ici là la négociation d’APE régionaux qui leur permettraient de rouvrir certains débats mais face à des négociateurs européens dont l’intransigeance ne laisse guère d’espoirs.

D’autres voix s’élèvent pourtant aujourd’hui : selon certains analystes, les pertes occasionnées par la suppression des préférences commerciales sur le marché européen seraient inférieures aux bénéfices que ces pays engrangeraient en renonçant totalement à ces accords et en investissant dans des processus d’intégration régionale réellement centrés sur le développement. Tout n’est peut-être pas dit.

Les droits humains d’abord !



Disciplinons les multinationales, refusons une justice qui les privilégie.
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