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Si le monde était un village ...

Jean-François Pollet Jean-François Pollet
9 juin 2016

Imaginons le monde ramené à une population de 100 personnes. Voici à quoi ressemblerait ce village global.

60 habitants seraient asiatiques (parmi lesquels 19 chinois et 17 indiens), 16 seraient africains, 10 européens, 9 sud-américains et 5 nord-américains.

51 seraient des hommes et 49 des femmes.
Dans le monde, le taux de naissance moyen est davantage masculin. Et l’écart entre les deux sexes s’est encore accentué en raison du contrôle des naissances pratiqué dans deux pays très peuplés, l’Inde et la Chine, avec pour conséquence d’encourager les avortements sélectifs et les infanticides touchant les filles.
Avec une espérance de vie qui varie très fortement d’un pays à l’autre (en 2013 elle était, par exemple, de 85 ans au Liechtenstein contre 46 en Sierra Leone).

10 seraient illettrés, 6 seraient des femmes et 4 des hommes, 1 serait un enfant privé d’école primaire. Un enfant privé d’école, c’est trop, mais c’est déjà moitié moins qu’il y a 15 ans. Ce progrès considérable a fait sensiblement reculer l’illettrisme : 90 % des jeunes de moins de 25 ans savent lire, contre 84 % de leurs aînés.

34 seraient chrétiens, 23 musulmans, 14 hindouistes, 8 taoïstes, 7 bouddhistes, 14 seraient animistes ou sans religion.

53 vivraient en ville, dont 12 habiteraient dans un bidonville, et 10 dans une mégapole de plus de 10 millions d’habitants. Lieux de pouvoir, de commerce, de culture et de promesses d’ascension sociale, les villes attirent des hommes et des femmes en quête d’une vie nouvelle.
1 villageois sur 3 vivait en zone urbaine en 1950, plus d’1 sur 2 aujourd’hui. Conséquence : le nombre de villageois mal logés progresse, même si les pouvoirs publics redoublent d’efforts pour apporter l’eau potable et l’électricité dans les nouveaux quartiers.

50 habitants travailleraient, dont 20 dans l’agriculture, le plus important employeur à l’échelle planétaire, avec 4 actifs sur 10, principalement occupés dans l’exploitation qui appartient à leur famille.

3 n’auraient pas d’emploi, et 1 d’entre eux aurait moins de 25 ans. Le chômage frappe essentiellement les jeunes qui sont proportionnellement 3 fois plus nombreux que leurs aînés à rechercher un travail.

40 manqueraient cruellement d’eau. Or, l’homme a besoin d’eau pour s’hydrater, cuisiner et se laver. Il lui en faut également pour faire tourner ses industries et alimenter son agriculture. Au total, chaque habitant a besoin de 2 740 litres d’eau par jour.
Aujourd’hui, 40 villageois ne disposent pas de ce volume minimal. Dans les dix années à venir, ils pourraient être 70. C’est une importante menace pour notre grand village global qui épuise ses sources d’eau non renouvelables, voit sa population augmenter et consommer de plus en plus de viande, un aliment exigeant en eau. Pour produire 1 kilo de bœuf, il faut 16 000 litres d’eau.

9 habitants n’auraient pas accès à l’eau potable et 13 ne disposeraient pas de toilettes. L’eau insalubre provoque des diarrhées, la seconde cause de mortalité chez les enfants, et la bilharziose, une maladie parasitaire causée par un ver, qui affecte 3 villageois.

44 seraient menacés par le paludisme et 3 auraient eu une crise durant l’année écoulée. Transmis par les moustiques, le paludisme reste de loin la maladie la plus courante, même si sa prédominance a diminué d’un tiers, surtout grâce à la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide et à la pulvérisation d’insecticide dans les habitations.

10 souffriraient de la faim, dont 1 serait un enfant sous-alimenté qui tomberait fréquemment malade et risquerait de ne pas voir se développer complètement ses facultés cognitives. La faim touche surtout les paysans, soit parce qu’ils n’ont pas de terre et travaillent à la journée dans des plantations, soit parce qu’ils ont été ruinés par une guerre, la con scation de leur terre, un accident météorologique ou la chute des prix de leur production.

22 dépendraient directement des forêts pour leur subsistance. Riches en gibier, fruits, champignons et poissons, les forêts tropicales humides nourrissent un nombre considérable de villageois du Sud qui vivent à proximité. Et tous les villageois bénéficieraient des bienfaits écologiques que procurent les forêts. Celles-ci sont indispensables à l’avenir de l’humanité, car elles stabilisent le climat par la séquestration du carbone, puri ent l’eau et l’air et représentent de gigantesques conservatoires de la biodiversité.

24 n’auraient pas accès à l’électricité. Or l’absence d’électricité complique l’accès à la culture, via la radio et la télévision, et entraîne un coût important en achat de piles et de pétrole. Les écoliers ont également plus de mal à réviser leurs cours, d’autant qu’au retour de l’école, et jusqu’à la tombée de la nuit, beaucoup d’entre eux aident aux tâches ménagères ou agricoles de la famille.

38 utiliseraient du bois pour se chauffer et cuisiner : une solution coûteuse quand le bois est acheté, et dangereuse pour la santé si les fumées, comme c’est couramment le cas, sont mal évacuées des maisons.

10 vivraient dans la pauvreté, soit avec moins de 1,9 dollar (1,8 euro) par jour, 5 seraient africains, 3 indiens et 1 chinois. La pauvreté a fortement reculé en 15 ans : en 1999, 29 villageois étaient en situation de pauvreté. La disparition complète de la pauvreté est le premier des 17 objectifs du développement durable fixés en septembre dernier par la communauté internationale pour mettre fin aux inégalités et affronter les changements climatiques.

43 auraient accès à Internet, dont 29 seraient inscrits sur un réseau social, et 95 auraient accès à un réseau de téléphonie mobile. L’extension des technologies de l’information est stupéfiante. Au tournant de l’an 2000, 6 villageois seulement utilisaient Internet. L’accès était alors limité par le prix des ordinateurs, le coût de la connexion et l’absence d’électricité. Quinze ans plus tard, presque la moitié du village est connecté, c’est l’un des effets de l’explosion des villes où Internet et électricité sont disponibles, résultat des efforts des opérateurs et des gouvernements pour étendre les connexions et conséquence des opportunités très concrètes offertes par le web qui permet de s’instruire en ligne ou de gagner sa vie.
Le téléphone est, quant à lui, devenu pratiquement universel. Il y a presque autant d’abonnements qu’il y a de villageois : on peut considérer que toutes les familles disposent d’au moins un téléphone. L’usage de celui-ci est devenu d’autant plus important que ses fonctions se rapprochent des services fondamentaux rendus par Internet, comme l’information sur le transfert des marchandises ou le paiement à distance.

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Qui ? Jean-François Pollet
Adresse Quai du Commerce 9, 1000 Bruxelles
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