Soutenir les femmes précarisées dans leurs projets professionnels au Rwanda
Contre les inégalités de genre et pour l’amélioration de la place des femmes dans la société
Au lendemain du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous vous emmenons au Rwanda, où plusieurs associations soutenues par l’Opération 11.11.11 se battent avec détermination contre les inégalités de genre et pour l’amélioration de la place des femmes dans la société. Si la route reste encore longue, des succès méritent déjà d’être soulignés.
Concernant la participation politique des femmes, par exemple, le Rwanda occupe la première place du classement mondial pour la représentativité des femmes dans les instances parlementaires, et ce en partie grâce au travail de Pro-Femmes/Twese Hamwe, un collectif de la société civile rwandaise et partenaire du CNCD-11.11.11, qui œuvre pour la promotion des droits des femmes, de la paix et du développement.
Malgré une forte volonté politique et des lois bien établies en faveur de l’émancipation des femmes au Rwanda, des défis persistent. Les femmes, et particulièrement celles issues des milieux les plus pauvres, sont souvent désavantagées dans leurs parcours professionnels à cause de difficultés à obtenir un crédit ou d’accéder à la formation, de la fracture numérique, des responsabilités familiales, ou encore des stéréotypes basés sur le genre. Face à ce constat, le projet « autonomisation des femmes et des jeunes filles d’Amizero », mené par l’ONG belge ADA et son partenaire local Amizero (« Espoir » en kinyarwanda), s’emploie à améliorer les conditions de vie et l’avenir de 73 femmes et 38 jeunes filles très vulnérables à Kigali.
Je remercie toutes les personnes qui font des dons. Elles nous rendent la dignité de vivre par nous-même.- Tausi Uwimana -
Tausi Uwimana, coiffeuse à domicile, est l’une des bénéficiaires de ce projet. Grâce à un micro-crédit de 200.000 RWF, elle a pu acheter des fournitures qui étaient nécessaires pour faire avancer son activité de coiffeuse : « Avant, c’était mes clientes qui devaient se procurer les mèches ou les perruques. Cela représentait une perte de temps pour elles et pour moi. Maintenant que je peux mettre directement à leur disposition tout ce qu’il faut pour les coiffer, elles sont très contentes ! » Grâce aux revenus engendrés par son activité, Tausi peut se permettre de prendre en charge le paiement de la mutuelle de santé, ainsi qu’une partie des frais de scolarité de ses 3 garçons. Elle a même déjà remboursé le micro-crédit.
Dans le cadre de ce même projet, Clémentine Mukashimwe, 28 ans, a suivi une formation en informatique, qui lui a permis de décrocher des petits boulots. Cette formation a également permis à cette jeune maman de renforcer son estime d’elle- même. « Durant la formation, j’ai même été élue cheffe du groupe », s’enthousiasme-t-elle.
Néanmoins, la situation des femmes, au Nord comme au Sud, est aussi une conséquence des comportements masculins. Si les projets tels que celui d’ADA et Amizero apportent un soutien économique et social tangible aux femmes et aux filles en grande précarité, pour enrayer les inégalités de genre, il est essentiel que les hommes revoient leur rapport à la masculinité, et abandonnent les paroles et les actes qui portent préjudice aux femmes et aux filles.
L’amélioration de la condition des femmes passe aussi par la promotion de la masculinité positive.
Ainsi, en République Démocratique du Congo, dans les villes de Kinshasa, de Goma et de Butembo, l’ONG belge ULB-Coopération, en partenariat avec Le Monde selon les femmes et des partenaires locaux (« Si Jeunesse Savait » et l’Académie nationale paysanne congolaise), a mis en place un projet visant à promouvoir les masculinités positives auprès d’élèves du secondaire, d’associations de mototaxis, de producteurs·trices agricoles et de personnel de santé.
Lors des réunions, les participant·e·s sont invité·es à remettre en question des comportements quotidiens, tels que les excès de vitesse pour les mototaxis, ou pour le personnel de santé, le fait de renvoyer chez elles des jeunes filles qui cherchent des informations sur la santé sexuelle et reproductive. Les échanges font émerger des dynamiques de changements, bénéfiques à l’ensemble de la communauté. Les chauffeurs de mototaxis, par exemple, souhaitent désormais être reconnus comme transport « de confiance » pour les femmes.
Ces projets ne sont que des exemples d’actions financées en faveur de l’égalité de genre. Grâce à vos dons, le travail similaire de nombreuses associations est soutenu par l’Opération 11.11.11 dans d’autres pays d’Afrique, mais aussi en Amérique latine et au Moyen-Orient.
