UE-Mercosur : C'est encore non ! Une action collective s’est tenue à Bruxelles
Alors que le processus de ratification de l’accord UE-Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) a été lancé mercredi par la Commission européenne, ONG, organisations agricoles et associations ont mené une action ce jeudi 4 septembre à 17h Place du Luxembourg. Elles dénonçaient un accord toxique pour l’agriculture, la santé, l’environnement, les droits sociaux et les droits humains.
Une quarantaine d’organisations de la société civile, les organisations agricoles (FUGEA, FWA, FJA, MIG, ECVC...), syndicats, mutuelles, associations et citoyen·nes se sont réuni·es ce jeudi 4 septembre devant le Parlement européen. Elles ont rappelé leur opposition au traité UE-Mercosur
traité UE-Mercosur
Accord UE-Mercosur
l’accord d’association entre l’UE et le Mercosur
traité de commerce entre l’Union européenne et les pays du Mercosur
, au lendemain de l’adoption, par la Commission européenne, du volet commercial de cet accord d’association.
« Pour faciliter l’adoption d’un accord commercial controversé, la Commission européenne change le processus de ratification en cours de route : en scindant l’accord, elle permet de voter le volet commercial à la majorité qualifiée plutôt qu’à l’unanimité des Etats membres, a dénoncé Sophie Wintgens Sophie Wintgens , Chargée de recherche sur le Commerce pour le CNCD-11.11.11. La Commission outrepasse ainsi le mandat qui lui a été donné ».
La Commission européenne devra soumettre le texte au vote du Conseil de l’Union européenne, puis au Parlement européen. La Belgique n’a pas encore arrêté de position officielle mais devrait s’abstenir du fait des divergences de vue entre la Région flamande (favorable à l’accord) et wallonne (défavorable).
Un accord toxique pour le monde agricole, la planète et les citoyen·nes
Alors qu’environ 200 personnes étaient rassemblées devant le Parlement européen, Sophie Wintgens a exhorté la Belgique à « tenir compte de l’avis de ses citoyen·nes. Ratifier un accord qui met en péril les revenus agricoles, le climat, les droits des travailleurs, la santé des consommateurs et la biodiversité n’est pas une option ! », a-t-elle ajouté.
Cet accord inquiète de nombreux acteurs dans le Mercosur, mais aussi en Belgique et en Europe. Il prévoit d’ouvrir les marchés européens à d’importantes quantités de viande bovine et de volailles produites dans le Mercosur selon des normes sociales, environnementales et de bien-être animal bien plus faibles qu’en Europe (usage massif de pesticides, OGM, hormones). « La Commission européenne persiste à abandonner nos fermes à une concurrence déloyale. Avec en plus la volonté de réduire le budget de la PAC, cette stratégie n’est pas tenable sur le terrain et ne permet pas de faire face aux défis cruciaux du secteur ! », a fustigé Philippe Duvivier, président de la FUGEA.
« Des rustines pour nous amadouer »
« En l’absence de mécanisme de plainte et de sanction permettant de rendre contraignant le chapitre sur le développement durable, ce traité ne comporte aucun garde-fou suffisant pour limiter les impacts sociaux, environnementaux et sanitaires liés à sa mise en œuvre, déplorait encore Sophie Wintgens. Les promesses de la Commission à intervenir en cas d’impacts négatifs de l’accord sur certaines filières agricoles ne font pas partie du texte de l’accord juridiquement contraignant et n’engagent donc pas les pays du Mercosur. Plutôt que de supprimer les mécanismes qui nous mettent en danger, la Commission nous vend quelques rustines pour nous amadouer ».
« C’est la porte ouverte au dumping, ont réagi les syndicats en front commun (FGTB, CSC, CGSLB). Aucun traité n’est possible tant qu’il n’y a pas de sanctions commerciales en cas de violation du droit à la négociation collective et à tous les autres droits fondamentaux ».
Lors de cette action visuelle, les représentants des différents secteurs ont uni leurs forces pour mettre à terre le traité UE-Mercosur, incarné par un bonhomme en paille géant.
Cette action s’inscrivait dans une suite de mobilisations organisées contre le traité UE-Mercosur et en continuité de l’appel porté par les organisations paysannes et agricoles européennes de tous bords contre cet accord.
Les participant·es à ces mobilisations portent un message clair : ils et elles refusent un commerce qui piétine l’environnement, les droits humains, la souveraineté alimentaire et qui favorise le dumping social. Stopper l’accord UE-Mercosur est le premier pas vers des accords commerciaux et des systèmes alimentaires justes et durables.



