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Vincent, 24 ans : « Changer de cap pour survivre »

3 novembre 2016

Ce jeune agriculteur de 24 ans n’en finit pas de surprendre. C’est lui qui a repris les rênes de l’exploitation familiale, la chèvrerie de la Croix de la Grise, passée à l’agriculture biologique en 1997.

« Nous avons décidé de tourner le dos à la logique du ’toujours plus’. C’était la seule façon de survivre. Car la ferme est petite, sans possibilité de s’étendre. Soit tu disparais, soit tu fais autre chose. Et puis, il y avait une ligne rouge : si c’est pour produire comme cela, bourrer les animaux d’antibiotiques et de vermifuges… Autant dire stop. Le pire, c’est de rester dans la fatalité. On ne gagne pas sa vie, on s’empoisonne soi et les autres … Ce n’est pas gai de s’enfoncer dans un mode de production industriel.  » Un choix qui contraint à jongler entre plusieurs casquettes : gérer la production, la transformation, la vente… « C’est complexe  ».

Malgré cet emploi du temps serré, Vincent, volontaire 11.11.11 depuis 2007, a rejoint récemment le Conseil d’administration du CNCD-11.11.11. « Parce que les agriculteurs belges partagent les mêmes enjeux que les paysans du Sud, à savoir, obtenir un revenu minimum et digne. Pour les consommateurs, des aliments de qualité dans leurs assiette. Or, il n’y a pas de fatalité, mais tout changement passe par l’éducation. Il faut que les consommateurs comprennent la valeur sacrée de l’alimentation ».

Ce qu’il apprécie encore au CNCD-11.11.11 ? Le lien entre les problématiques : « l’agriculture, le climat, les migrations… Ces enjeux sont pensés de manière globale, comme les solutions à appliquer, au Nord et au Sud. Il y a une pertinence et une cohérence. Puis on fait masse, il y a cet effet coupole. C’est cela la force du plaidoyer. »

Vincent Delobel, 24 ans, Havinnes (Hainaut)

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